pen icon Colloque
quote

Explorer le terrain des franges : un cas de valorisation relationnelle en littérature

GM

Membre a labase

Guillaume Martel Lasalle : Possibles éditions

Résumé de la communication

Ma proposition veut mettre en lumière par l’exemplification les puissances de reliances inhérentes à la production symbolique, puissances effectives, essentielles à toute économie culturelle, mais invisibilisées, voir niées par le cadre élitaire — concurrentiel —de l’économie de marché. Il s’agit de faire un plongeon dans une expérience d’économie humaine au sens où l’entend David Greaber, à savoir un système de répartition du monde matériel dont la raison sous-jascente n’est pas l’échange — et la recherche d’avantages qu’elle induit —, mais la production de ce que l’on pourrait nommer la conscience de la communauté, le socle sans lequel aucune vie humaine ne serait tenable — et ne l’est effectivement de moins en moins après le morcellement ultra individualiste de l’ère libérale. Ces idées seront travaillées à la lumière de mon expérience récente d’art relationnel dans le domaine de l’édition et de la littérature réalisée au Musée d’art de Rouyn-Noranda en février 2023.

Résumé du colloque

La pandémie de COVID-19 a exercé des effets dévastateurs sur les artistes et sur l’écosystème culturel. Les fermetures successives de salles de spectacle de 2020 à 2022 se sont traduites chez les artistes en dépression, détresse psychologique, pensées suicidaires et abandons de carrière (FNCC, 2021). Le milieu s’est vidé de nombreux artistes travailleurs autonomes et plusieurs emplois ont été coupés. La pandémie a exacerbé la précarité déjà grande des artistes (Menger, 2009). Elle a aussi révélé de quelle façon notre système de soutien et de financement à la culture se fonde sur la capacité des artistes à être des « vecteurs de rentabilité directs ou indirects » (Deneault, 2022), que ce soit par les revenus générés par leurs biens et services culturels ou par les retombées de ceux-ci sur l’industrie touristique, l’hôtellerie, la restauration, etc. Sans possibilité de générer ces revenus et retombées, les artistes ont été laissés à eux-mêmes. On les a incités à assimiler l’esprit d’entreprise et à « se réinventer ».

Si la question de la professionnalisation des artistes se révèle centrale dans ce secteur depuis plusieurs années, elle est devenue urgente pendant la pandémie de COVID-19. Or, la pratique des arts exige des niveaux d’expertise technique, de développement et de maîtrise d’un langage, d’une esthétique et d’un style qui reposent sur des années de formation. Ces injonctions à « se réinventer » ont ainsi mis en évidence un paradoxe inhérent au besoin de professionnalisation, entre le travail de recherche en création et la logique économique productiviste à laquelle on assimile l’art. Dès lors, on peut se demander de quelle professionnalisation pour les artistes parle-t-on. Entre la légitimité d’une pratique artistique hautement spécialisée et la reconnaissance mesurée par des critères financiers, la professionnalisation des artistes est-elle sous le joug de la performance économique ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :