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Marie-Dominik Langlois : Université d'Ottawa
Quelle place y a-t-il dans la gouvernance de la consultation libre, préalable et éclairée pour les sujets autochtones qui refusent les activités d’extraction des ressources naturelles? S’inscrivant dans les débats entourant la consultation libre, préalable et éclairée (CLPÉ) des peuples autochtones, on s’interrogera si la consulta previa (consultation préalable) avec les Xinkas relève de la gouvernance néolibéral extractiviste ou plutôt un mécanisme appuyant la souveraineté autochtone. La communication s’intéresse à la stratégie d’engagement désengagé du Parlement xinka dans le processus de pré-consultation en lien avec la mine Escobal dans le Sud-Est du Guatemala. En analysant les stratégies déployées par le Parlement xinka, on verra comment la consulta peut à la fois constituer un objet de lutte pour la souveraineté et offrir un contexte pour la résurgence autochtone, en appuyant les institutions communautaires et d’actions directes qui se pérennisent dans le temps et l’espace, ainsi que le développement de projets de vie et économiques anti-extractivisme. La communication conclut avec une réflexion sur l’absence de méta-débats inhérente au CLPÉ et son potentiel générateur de résistance autochtone.
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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