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René-André Brisebois : CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal
Le terme « santé publique » trouve ses racines au 19e siècle, au moment où de nombreux mouvements sociaux, à travers le monde, militaient pour faire reconnaitre que plusieurs problèmes de santé sont causés non pas par des individus aux valeurs et à la morale défaillantes, mais bien par des conditions de vie difficiles et précaires (ex. : des inégalités économiques, mauvaises conditions de travail, pauvreté). Ce changement de perspective est venu mettre en lumière les actions que les gouvernements peuvent poser pour protéger la santé de leur population. La violence par arme à feu est aujourd’hui reconnue, par l’Organisation mondiale de la Santé, comme une problématique de santé publique qui est tristement responsable de plus de 250 000 morts à travers le monde. Cette présentation a pour objectif d’offrir une perspective globale et systémique des enjeux de violence. Cette perspective est doublement ancrée : d’une part dans le modèle épidémiologique via les notions d’exposition et de propagation et, de l’autre, dans le constat que les dynamiques de violence et d’insécurité sont très dépendantes des contextes spécifiques (temporels, spatiaux, individuels, etc.). Aussi, elle propose d’agir tant sur les individus que les communautés et les systèmes en renforçant leur résilience et en contribuant à réduire toutes les formes de violence et leurs impacts pour la santé et le bien-être.
La grande région métropolitaine de Montréal est présentement secouée par une vague de violences par arme à feu. Pour combattre la violence armée, le gouvernement du Québec a mis sur pied la Stratégie québécoise de lutte contre la violence armée (CENTAURE). Le gouvernement fédéral a emboîté le pas en introduisant une série de modifications législatives incluant notamment le gel de toute transaction d’armes de poing et un système de drapeaux rouges et jaunes pour éventuellement saisir les armes de toute personne représentant un danger pour soi-même ou autrui. Malgré ces initiatives, le niveau des violences par arme à feu ne semble pas fléchir. Il est d’ailleurs difficile de se prononcer sur le potentiel des mesures préventives proposées par les gouvernements à défaut d’avoir une connaissance fine des dynamiques en cause dans la vague de violences par arme à feu qui sévit dans la grande région métropolitaine de Montréal depuis environ cinq ans. De même, il existe peu de connaissances sur les programmes efficaces pour lutter contre les violences par arme à feu sur la scène locale. La majorité des expériences proviennent de l'étranger et ne sont pas nécessairement transposables au contexte montréalais. L’objectif de ce colloque est justement de réunir différents experts et chercheurs qui ont récemment entamé des études sur la question de la violence par arme à feu et de sa prévention au Québec. À défaut d’obtenir des données probantes qui reflètent les réalités vécues par les communautés locales, il reste difficile de mettre en place des mesures prometteuses pour prévenir cette violence. Ce colloque offrira donc une occasion de partager des résultats et de partager des points de vue.
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