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Eric Doucet-Larivière : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le but de la présentation est d’approfondir les connaissances sur les mécanismes engendrant des inégalités sociales grâce à l’analyse d’obstacles à l’inclusion en emploi identifiés par des personnes autistes et des conseillers dont le rôle est de les soutenir.
L’analyse présentée provient de données issues d’une étude qualitative plus large (des Rivières-Pigeon et al. 2020) dans le cadre de laquelle 27 groupes de discussion asynchrones en ligne (Lijadi et al. 2015) ont été réalisés. Six groupes de discussion (4 d’adultes autistes et 2 de conseillers en emploi) ont été retenus pour cette analyse.
Les résultats démontrent que des obstacles à l’inclusion peuvent être identifiés à tous les niveaux du modèle écologique de Simplican et al. (2015) mais qu’ils sont particulièrement présents au niveau organisationnel. Ils concernent le manque de collaboration entre les milieux professionnels et scolaires, et les attentes de certains milieux de travail, décrites comme irréalistes et inadaptées. Nos répondants mentionnent aussi la présence d’intimidation et de la stigmatisation, notamment de la part d’employeurs. L’isolement et le manque de soutien social constituent aussi des enjeux importants. Nos répondants déplorent enfin un manque de ressources : peu de financement et de soutien organisationnel.
L’identification de ces défis organisationnels constitue une première étape vers le développement de stratégies permettant de favoriser l’inclusion et le bien-être au travail.
Plusieurs recherches ont mis en lumière le fait que les différents environnements (politique, économique, physique, chimique, professionnel, social, personnel et familial) dans lesquels vivent et se développent les personnes ont une influence importante sur leur santé et leur bien-être. Or, ces environnements sont marqués par des rapports sociaux (genre, racisation, âge, capacitisme, classe sociale, etc.) qui contribuent à la présence d’inégalités sociales de santé entre différents groupes de la population. Plusieurs travaux de chercheur·se·s en santé au travail (ST) et en santé environnementale (SE) préconisant des approches de recherches-intervention partenariales du Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE) montrent la nécessité de considérer les inégalités sociales et de genre afin d’obtenir des retombées escomptées en ce qui concerne la santé durable. Cette prise en compte est toutefois complexe et pose de nombreux défis à plusieurs niveaux, notamment sur le plan de l’opérationnalisation et de la mobilisation des connaissances.
Le colloque proposé s’inscrit dans la continuité de réflexions entamées par des chercheur·se·s du CINBIOSE sur la prise en compte, tout au long du processus de recherche, des inégalités sociales et de genre et leur intersectionnalité. Ouvert à toutes les personnes interpellées par la thématique du colloque, chercheur·se·s, praticien·ne·s, étudiant·e·s, employeurs, syndicats, OBNL, ce colloque est l’occasion d’entendre les résultats des plus récentes recherches et interventions en ST/SE s’intéressant à la santé de différentes populations en situation de vulnérabilité et de faire dialoguer, dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, différentes approches théoriques et différents cadres méthodologiques susceptibles de contribuer à l’amélioration des environnements afin qu’ils soient plus équitables et sains.
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