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INNOV’Montagne. Un dispositif de production de connaissances des territoires orienté vers la création d’entreprises durables

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Cécile Perret : Université Savoie-Mont-Blanc

Résumé de la communication

INNOV’Montagne est un dispositif pédagogique présenté sous la forme d’un jeu de cartes. Il a été conçu par deux enseignantes chercheuses de l’Université Savoie Mont Blanc en 2020. Dispositif d’apprentissage innovant, il permet, étape par étape, de concevoir collectivement et de façon collaborative, des projets socialement innovants allant dans le sens d’un développement durable et d’une transition écologique et solidaire des territoires. Dans cet article, nous analysons en quoi Innov’Montagne propose un parcours d’apprentissage en Quintuple Hélice (Etzkowitz et Leydesdorff, 2000 ; Carayannis et al., 2012, Carayanis et Campbell, 2017, Berthoud et Boutiller, 2021) qui permet d’approfondir la connaissance des territoires tout en imaginant les projets de territoire de demain ; des territoires durables. Une enquête qui inclut des questions correspondant aux principales catégories proposées par le référentiel de compétences pour l’entrepreneur de Loué et Baronet (2015) conduite auprès de 35 étudiants de première année du BUT GACO de l’IUT de Chambéry (Université Savoie Mont Blanc) utilisateurs d’Innov’Montagne illustre le propos. Elle nous permet de montrer qu’Innov’Montagne privilégie le mode 3 de la Quintuple Hélice c’est-à-dire un savoir co-construit par les participants, la société de l’information et les organisations territoriales qui permet une meilleure connaissance des territoires et de la démarche entrepreneuriale pour aller dans le sens de la durabilité.

Résumé du colloque

La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?

Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?

Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?

Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.

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Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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