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Intervenir en groupe auprès de femmes : clinique de l’activité pour discuter et agir sur les inégalités sociales et favoriser la santé mentale

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Fabienne Lagueux : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Plusieurs situations de vulnérabilité liées à la santé mentale se juxtaposent au parcours de vie de certaines femmes, entravant ainsi leur insertion sociale et professionnelle (ISP). Malgré un marché de l’emploi favorable, des difficultés à l’intégrer - et surtout à y demeurer - peuvent persister. Ces femmes peuvent vivre des injustices liées à leur situation de santé qui peuvent parfois occasionner des absences du marché du travail. C’est ce que vivent plusieurs femmes soutenues au Centre d’intégration au marché de l’emploi par le biais d’interventions de groupe visant l’ISP. Or cette modalité d’intervention amène fréquemment les intervenants, même les plus chevronnées, à être exposés à plusieurs défis complexes. Afin de les soutenir et favoriser une collaboration interprofessionnelle (secteur emploi et santé) pour le développement de pratiques de groupe porteuses dans ce secteur, notre équipe de recherche a mis en oeuvre un dispositif méthodologique qualitatif de clinique de l’activité auprès d’un collectif (n=10) de personnes intervenantes. Les réflexions et discussions au sein de ce collectif interprofessionnel favorisent une intercompréhension du travail de chacun et des transformations souhaitées au sein des pratiques. Cette présentation visera à présenter le potentiel des méthodes de clinique de l’activité (Clot, 2017) mobilisées pour agir de manière critique au croisement des secteurs de l’emploi et de la santé pour contrer les inégalités et favoriser la santé mentale.

Résumé du colloque

Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).

Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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