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Christelle Achard : Université de CaenNormandie
Cet article s’inscrit dans un contexte de montée en puissance de la catégorie sociale de la jeunesse (Bordiec, 2018, Labadie, 2001). L’émergence de cette catégorie est majoritairement associée à l’allongement de la période d’entrée dans la vie adulte (Galland, 2001). Nous formulerons l’hypothèse selon laquelle ce phénomène s’accompagne d’un mouvement opposé
mais concomitant : celui du raccourcissement de la durée de l’enfance. Dans quelle mesure la catégorie jeune en travail social en France tend-t-elle à véhiculer des représentations sources de tensions paradoxales dans l’accompagnement des publics concernés ? (adulte en devenir vs grand enfant). Alors que la fragmentation des accompagnements (Ravon et al, 2018) est majoritairement appréhendée à l’aune des ruptures et/ou superpositions de prises en charge (Dulin,
2018), nous chercherons à interroger autrement les tensions paradoxales et divergences d’approches dont la catégorie jeunesse se fait reflet et vecteur. Pour ce faire, nous nous appuierons une participation observante de huit années dans le secteur de l’hébergement en Île de France. Nous chercherons à analyser l’impact des seuils d’âge et des missions des différents services sur les manières d’appréhender le public jeune par les travailleurs sociaux. Ces observations nous permettront d’esquisser une réflexion autour des tensions paradoxales pour les professionnels, mais également concernant les conflits identitaires pouvant émerger chez les jeunes accompagnés.
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Ce colloque part de l’idée que la manière d’aborder le développement de l’enfant, mais aussi les processus de socialisation, la cognition, l’éducation, l’anormalité, etc., divergent considérablement selon les lunettes disciplinaires que l’on adopte. Fort de ce constat, il vise à saisir l’enfance comme un territoire d’expertises concurrentes, sinon hiérarchisées, nous invitant à interroger ou réinterroger les normes qui président à son éducation, sa prise en charge, son accompagnement, sa protection, etc.
Afin de saisir les disputes indissociablement savantes et normatives qui entourent l’enfance, nous cherchons à faire dialoguer une diversité de travaux empiriques et théoriques, menés à partir de perspectives disciplinaires et méthodologiques variées. Les communications pourront suivre l’un ou plusieurs des trois axes thématiques suivants :
1. Les experts autorisés de l’enfance. Cet axe vise à interroger le champ de l’enfance à l’aune de l’évolution des savoirs qui l’entourent, et du rôle hégémonique qu’occupent historiquement les sciences du psychisme, et plus récemment du cerveau, dans sa saisie et dans les modalités d’interventions qui en découlent.
2. Quel « social » pour l’enfance ? Cet axe pose la question de l’intérêt des sciences sociales (sociologie, anthropologie, histoire, géographie, etc.) pour (re)penser l’enfance, en lien ou en concurrence avec les sciences du psychisme, et pour saisir autrement l’influence du « social » dans la connaissance et la prise en charge de l’enfance.
3. L’enfance saisie par l’expérience. Cet axe examine le rôle que peuvent jouer les savoirs expérientiels, des parents et des enfants eux-mêmes, pour comprendre l’enfance et réexaminer les contours de sa prise en charge.
L’objectif de la journée est de réfléchir à l’enfance au carrefour des tensions paradigmatiques qui orientent la manière dont cet âge de la vie est observé, analysé et in fine gouverné. Nous souhaitons réunir des acteurs de disciplines et d’horizons diversifiés pour :
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Thème du colloque :