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Simon Collin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans le cadre de cette communication, nous souhaitons aborder le phénomène de datafication car il nous semble constituer un enjeu de plus en plus présent en éducation. En effet, les développements technologiques les plus prometteurs pour l’éducation actuellement, tels que l’intelligence artificielle, l’analyse de l’apprentissage(learning analytics) ou encore les données massives (Rienties et al., 2020) reposent sur l’accessibilité à des données scolaires, voire extrascolaires. Sur le plan scientifique, analyser ces objets techniques implique un déplacement de l’unité d’analyse habituelle des technologies en éducation : il ne s’agit pas tant d’étudier les artefacts utilisés par les acteur.rices éducatif.ves que les données et les infrastructures qui permettent leur fonctionnement. Des concepts tels que celui de datafication permettent d’en rendre compte. Dans la lignée des études sur la quantification (p. ex., Porter, 1995; Espeland et Stevens, 2008), la datafication peut être définie comme le processus de conversion de qualités (p. ex., des activités éducatives) en données numériques. Malgré son objectivité apparente, ce processus n’est pas neutre et soulève certains risques en conséquence. Parce qu’il est encore peut mobilisé pour le cas de l’éducation au Québec, nous proposons dans un premier temps de préciser le concept de datafication avant d’envisager, dans une perspective critique, certains risques qu’il permet d’éclairer.
Les innovations et développements technologiques récents, notamment ceux en intelligence artificielle, transforment en profondeur le monde du travail et de l’éducation. Au cours des dernières années, de nombreuses innovations numériques qui semblent très prometteuses pour l’apprentissage ont été conçues, notamment du côté de la création et de la fabrication numérique (fablab), de la réalité virtuelle, du jeu vidéo, et même de l’intelligence artificielle. Avec la COVID-19 et le passage obligé à la formation à distance (FAD), l’intégration du numérique en contexte éducatif (NCE) a connu un essor sans précédent. Mais le NCE et la FAD sont-ils toujours pertinents pour soutenir l’apprentissage et l’enseignement? Quels sont les usages appropriés et les conditions favorables qui justifient les usages? Depuis près de 25 ans, un débat fait rage entre les promoteurs du NCE (Kulik et Kulik), que certains qualifient de technophiles, et leurs détracteurs (Russell, 1999; Clarke). Ainsi, en l’absence de preuves empiriques claires, certains s’élèvent contre le NCE. Ces deux pôles illustrent donc le besoin de comprendre les enjeux liés au NCE afin d’en déterminer les possibilités d’usage et les limites qui justifient leur non-usage. De fait, il semble important de considérer le besoin de formation ou la compétence à utiliser les multiples outils numériques adéquatement pour les apprentissages (Educause, 2021, 2022). Hamilton et Hattie (2021) soulignent que la réflexion sur l’usage du NCE doit d’abord être justifiée sur le plan pédagogique. En outre, plusieurs questionnements demeurent quant aux conditions d’efficacité de la NCE, tant pour l’apprentissage (motivation, réussite, etc.) que pour l’enseignement (pratiques pédagogiques, compétences professionnelles, etc.). Considérant tous les usages possibles du NCE, ce colloque vise à en faire l’analyse sous un angle réflexif et critique, pour mieux comprendre les enjeux actuels et les perspectives, selon les ordres scolaires.
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