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Stanislas Morel : Université Sorbonne Paris Nord
S’appuyant sur les travaux que je réalise depuis une quinzaine d’années sur le recours croissant à des diagnostics médico-psychologiques pour interpréter les difficultés scolaires et à des professionnels du soin pour les prendre en charge (Morel 2014 ; 2018), ainsi que sur un travail assidu de lecture de la littérature en sciences cognitives (psychologie cognitive, neurosciences) sur les difficultés d’apprentissage (Morel, 2020), cette intervention se fixe pour objectif principal de questionner la validité scientifique de la catégorie « dyslexie », les usages sociaux qui en sont actuellement faits et les effets que ces usages engendrent, notamment dans le domaine des inégalités scolaires. Plus généralement, cette communication constitue aussi un plaidoyer pour une articulation entre les savoirs issus des différentes disciplines : l’approche sociologique des troubles spécifiques des apprentissages est d’autant plus convaincante qu’elle est adossée à une bonne connaissance des apports et des limites des travaux en sciences cognitives. C’est en prenant en compte ces connaissances, qui varient d’un trouble à l’autre (la dyslexie n’est pas syndrome de Down par exemple), que les sociologues peuvent produire une analyse fine et informée des diverses catégories nosographiques, à même de convaincre les chercheurs des différentes disciplines, les professionnels travaillant avec cette catégorie ainsi que les familles (enfants et parents).
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Ce colloque part de l’idée que la manière d’aborder le développement de l’enfant, mais aussi les processus de socialisation, la cognition, l’éducation, l’anormalité, etc., divergent considérablement selon les lunettes disciplinaires que l’on adopte. Fort de ce constat, il vise à saisir l’enfance comme un territoire d’expertises concurrentes, sinon hiérarchisées, nous invitant à interroger ou réinterroger les normes qui président à son éducation, sa prise en charge, son accompagnement, sa protection, etc.
Afin de saisir les disputes indissociablement savantes et normatives qui entourent l’enfance, nous cherchons à faire dialoguer une diversité de travaux empiriques et théoriques, menés à partir de perspectives disciplinaires et méthodologiques variées. Les communications pourront suivre l’un ou plusieurs des trois axes thématiques suivants :
1. Les experts autorisés de l’enfance. Cet axe vise à interroger le champ de l’enfance à l’aune de l’évolution des savoirs qui l’entourent, et du rôle hégémonique qu’occupent historiquement les sciences du psychisme, et plus récemment du cerveau, dans sa saisie et dans les modalités d’interventions qui en découlent.
2. Quel « social » pour l’enfance ? Cet axe pose la question de l’intérêt des sciences sociales (sociologie, anthropologie, histoire, géographie, etc.) pour (re)penser l’enfance, en lien ou en concurrence avec les sciences du psychisme, et pour saisir autrement l’influence du « social » dans la connaissance et la prise en charge de l’enfance.
3. L’enfance saisie par l’expérience. Cet axe examine le rôle que peuvent jouer les savoirs expérientiels, des parents et des enfants eux-mêmes, pour comprendre l’enfance et réexaminer les contours de sa prise en charge.
L’objectif de la journée est de réfléchir à l’enfance au carrefour des tensions paradigmatiques qui orientent la manière dont cet âge de la vie est observé, analysé et in fine gouverné. Nous souhaitons réunir des acteurs de disciplines et d’horizons diversifiés pour :
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