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La formation des juristes en droit de l’environnement : réflexions et approches pédagogiques pour une matière marquée par l’interdisciplinarité

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Alexandre Lillo : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

De plus en plus de thématiques juridiques reposent sur des connaissances extérieures au droit. Parmi elles se trouve le droit de l’environnement. Alors que les développements récents en la matière se basent sur les résultats produits par les sciences naturelles, nombreuses des solutions proposées mobilisent, entre autres, des approches économiques, des stratégies issues des sciences sociales ou des mécanismes de gouvernance. En ressort une ouverture importante du droit de l’environnement à l’interdisciplinarité.

Cette évolution soulève la question de la formation des juristes dans ce domaine. Alors que les préoccupations des jeunes générations à l’égard de l’environnement sont de plus en plus prononcées, il convient de se demander comment l’interdisciplinarité propre à cette matière peut être intégrée à la façon dont elle est enseignée.

Dans cette présentation, nous explorerons dans un premier temps la place de l’interdisciplinarité dans le droit de l’environnement. Nous constaterons en ce sens que des savoirs externes au droit sont, à plusieurs égards, aux fondements mêmes de cette matière. Nous verrons dans un second temps que l’interdisciplinarité peut également marquer la façon d’enseigner le droit de l’environnement. Nous nous pencherons ainsi sur une série de réflexions, d’approches pédagogiques et d’enjeux relatifs à l’interdisciplinarité dans l’enseignement de cette branche du droit.

Résumé du colloque

La formation des juristes et la recherche en droit ont subi d’importantes transformations au cours des dernières décennies. Loin derrière se trouve l’époque des années 1950-1970, au cours desquelles la recherche en droit était considérée avec « dédain et méfiance » par la communauté juridique (CRSH, 1983; Émond, 2012), alors que les enseignements universitaires étaient concentrés sur le partage de savoirs essentiellement techniques (CRSH, 1983). 

Aujourd’hui, la recherche interdisciplinaire paraît dominer les programmes de cycles supérieurs en droit, cette dernière étant perçue, en droit comme ailleurs, « de plus en plus comme une façon pertinente d’aborder des problématiques complexes » (Taché, Zimmerman et Brisson, 2011; Darbellay et Paulsen, 2008). Dans le même ordre d’idées, on observe le parcours professionnalisant du juriste en devenir se transformer pour s’ouvrir davantage à l’interdisciplinarité (Lemay et Cumyn, 2016). Par exemple, au sein des facultés de droit québécoises, l’offre de cours de 1er cycle est bonifiée pour inclure notamment des cours de philosophie et de sociologie du droit, et il est parfois obligatoire pour les étudiantes et les étudiants de sortir de sa faculté d’attache pour compléter son cursus. 

Au regard de cette mobilisation croissante de l’interdisciplinarité, nous proposons un temps d’arrêt permettant de discuter des racines de certaines initiatives interdisciplinaires dans la formation des juristes, des relations que le droit entretient avec les autres disciplines et de l’identité des juristes. Ce colloque se veut de la sorte un espace de réflexion sur la place, la pertinence et les limites de cet appel à l’interdisciplinarité dans la formation de l’esprit juridique au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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