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La francisation des personnes immigrantes en milieu communautaire

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Anait Aleksanian : Centre d'appui aux communautés immigrantes de Bordeaux-Cartierville (CACI)

Résumé de la communication

Depuis toujours, les organismes du milieu communautaire se sont intéressés aux personnes immigrantes. C’est ainsi qu’ils ont développé une variété de services pour aider les nouveaux arrivants dans leur processus d’intégration à la société québécoise. Parmi ces services, les cours de français étaient au premier plan.

Les organismes qui offrent des cours de français à leur clientèle rencontrent souvent des difficultés et la lourdeur administrative occasionnée par ces cours représente un défi. La Table de concertation des organismes en francisation du Québec, créé en 1995 et renommée en 2005 Regroupement des organismes en francisation du Québec (ROFQ), est née du désir des organismes de s’unir afin d’apporter des solutions constructives aux problèmes rencontrés en francisation au Québec et de défendre les intérêts de ses membres œuvrant dans l’intégration sociolinguistique des nouveaux arrivants.

L’adoption de la Loi 14 prévoit la création, au sein du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, d’une entité appelée Francisation Québec, qui se veut une porte d’entrée unique pour les services de francisation au Québec. Quelles seront les répercussions du lancement de cette nouvelle entité, prévu le 1er juin 2023, sur les organismes communautaires ? L’avenir le dira, mais il est certain que le ROFQ sera aux premières lignes pour défendre les intérêts des nouveaux arrivants ainsi que des organismes communautaires en francisation.

Résumé du colloque

Dans la mouvance de l’adoption du projet de loi no 96 en mai 2022 et des élections québécoises à l’automne de la même année, les questions et les débats entourant le lien présumé entre l’immigration et le « déclin du français » au Québec, voire de la survie de la nation québécoise francophone, sont apparus sur un nombre sans cesse croissant de tribunes. Qu’il s’agisse de seuils d’immigration, de limites de la capacité d’accueil de la société québécoise, de pouvoirs et de gestion de l’immigration permanente et temporaire par le Québec, de politiques et de mesures de francisation, d’intégration et de régionalisation, pour ne mentionner que ceux-là, beaucoup a été dit sans pourtant offrir un portrait juste, nuancé et dénué de clichés sur ces enjeux.

Le gouvernement québécois s’est engagé à tout mettre en œuvre pour freiner le recul du français au Québec, lequel serait attribuable, selon lui, au fait que les immigrants ne parlent pas ni n’utilisent suffisamment cette langue. Très souvent, une telle lecture de la réalité repose sur des indicateurs dont la portée est plutôt limitée et qui font l’économie d’analyses qui prennent en compte la complexité et la richesse des dynamiques associées à la diversité ethnoculturelle, au plurilinguisme et à la concomitance du français comme langue publique commune et de l’anglais comme lingua franca globale.

Mais que sait-on du rapport qu’entretiennent les immigrants avec la langue française et la notion de « français langue publique commune » ? Quelles représentations se font les immigrants, récents et établis, de la présence et du statut relatif du français et de l’anglais au Québec, et à Montréal en particulier ? Lors du recensement de la population de 2021, environ 57 % de la population de langue maternelle tierce déclarait parler plus d’une langue à la maison. Que nous révèle ce plurilinguisme au foyer au regard des pratiques et des comportements linguistiques au travail, dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, dans l’espace public en général ? À quels défis les nouveaux arrivants sont-ils confrontés lorsque leur langue première n’est pas le français ? Quels sont les facteurs qui modulent positivement ou négativement leur apprentissage du français ? Que sait-on des succès, voire des limites, de ces mesures qui visent à favoriser l’apprentissage et l’usage du français ? Quels rôles joue ou ne joue pas la société d’accueil pour valoriser et promouvoir l’usage du français auprès de certaines communautés immigrantes ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le cadre de ce colloque. Ce dernier vise à fournir un éclairage au débat public sur ces enjeux et à favoriser un meilleur arrimage entre la recherche et les données probantes d’une part, et le développement de programmes et de mesures susceptibles de favoriser un meilleur vivre-ensemble linguistique d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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