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Emilie Bédard : Polytechnique Montréal
La mise en service d’un réseau d’eau d’un nouveau bâtiment se fait plusieurs semaines voire mois avant le début de son utilisation. La période de stagnation prolongée associée peut entraîner une détérioration de la qualité de l'eau. Les facteurs problématiques des réseaux d’eau des grands bâtiments comme la stagnation et la température sont exacerbés pendant cette période. Les délais entre la mise en eau et le rinçage et la désinfection, ainsi que l'importance de rinçages hebdomadaires subséquents ont été étudiés dans trois systèmes d'un nouveau bâtiment hospitalier. Une gestion inadéquate pendant le démarrage peut poser un risque dès le début de l'occupation et à long terme pendant l'exploitation. Cette étape est déterminante pour la qualité d’eau du bâtiment et les risque à la santé associés. Une meilleure gestion de l’étape de mise en service des réseaux d’eau est critique et nécessaire pour minimiser les risques et les coûts associés.
La dégradation de la qualité microbienne de l’eau dans les systèmes d’eau chaude et froide est reconnue comme une source importante d’infections, particulièrement pour les personnes vulnérables. Au Québec, des éclosions en milieu hospitalier ont été associées à des pathogènes hydriques tels que Legionella, Pseudomonas aeruginosa, Stenotrophomonas maltophilia, et Serratia marcescens. Les systèmes d’eau des établissements hospitaliers présentent des sites d’amplification et de transmission de résistances multiples aux antibiotiques. De plus, les mesures d’économie d’eau amplifient ces problèmes de prolifération de ces pathogènes aux points d’usage comme les éviers et les douches. Ces infections peuvent être évitées par des conceptions et des exploitations optimisées de ces systèmes à partir de données issues d’études de recherche collaborative.
Une prévention efficace des infections transmises par l’eau dans les établissements de santé nécessite une collaboration entre les équipes de prévention des infections, les gestionnaires des bâtiments et les ingénieurs responsables de la conception des systèmes d’eau. Le colloque proposé permettra de présenter les résultats de plus de dix études collaboratives impliquant plusieurs centres hospitaliers (CHUSJ, CHUM, CUSM, CHUS, HMR, etc.) ainsi que des équipes de recherche couvrant les aspects du génie (Polytechnique), la microbiologie environnementale et médicale (McGill, INRS), la prévention des infections (centres hospitaliers, DRSP, etc.), les laboratoires de référence (LSPQ, CEAEQ, etc.) et les gestionnaires de bâtiments. Ce colloque offre une occasion unique de réunir tous les scientifiques travaillant dans ce domaine au Québec pour soutenir les gestionnaires des établissements et les responsables gouvernementaux.
Les objectifs sont les suivants :
1. Partager les résultats de recherches pluridisciplinaires sur le potentiel et le contrôle des sources possibles et avérées d’infections nosocomiales associées aux systèmes d’eau des bâtiments hospitaliers.
2. Connaître les technologies et pratiques permettant de diminuer ce risque par une gestion optimisée des systèmes d’eau.
3. Présenter des plans de sécurité de l’eau, solution internationalement reconnue comme la stratégie de prévention la plus efficace pour éviter les infections d’origine hydrique.
4. Déterminer les éléments devant être intégrés aux recommandations et aux codes de plomberie pour améliorer la conception et l’exploitation des composantes des systèmes d’eau.
5. Créer des réseaux de collaboration entre les chercheurs et les utilisateurs.
6. Augmenter le rayonnement des étudiants aux études supérieures en leur donnant accès à une plateforme de présentation de leurs résultats, et possiblement aux médias scientifiques.
De plus, ces travaux montrent la voie pour améliorer la conception des rénovations et des nouvelles constructions d’établissements de santé, ce qui permettra d’optimiser ces importants investissements publics et de protéger les patients.
Titre du colloque :