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La présentation du patrimoine phraséologique français dans le Petit Robert, entre tradition et innovation : le cas des phrasèmes signifiant ‘manger’

MM

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Michela Murano : Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano

Résumé de la communication

Si les séquences figées peuvent être considérées comme une deuxième macrostructure du dictionnaire, plus ou moins visible selon les solutions typographiques adoptées, il s’avère légitime de s’interroger sur l’étendue de cette « nomenclature phraséologique » et sur sa variation dans le temps : quelles unités sont enregistrées ? Est-ce que le patrimoine phraséologique conservé dans les dictionnaires est obsolète ? Y a-t-il une évolution au fil des éditions des dictionnaires en ce qui concerne le type d’unités enregistrées et leur traitement ? Dans notre communication, nous essaierons d’apporter quelques réponses à ces questions en adoptant une perspective de diachronie courte, qui prendra en compte les différentes éditions du Petit Robert. Nous nous concentrerons sur les phrasèmes exprimant le sens ‘manger’ : nous évaluerons les nouveaux enregistrements, les disparitions, les changements de statut, les modifications au niveau du marquage, de la définition, des exemples et des citations.

Références

Blanco X., Moreno M.D. 1997, « Lemmatisation, Agencement et catégorisation des lexies complexes dans la lexicographie bilingue français-espagnol », in Fiala P., Lafon P., Piguet M.F. (eds) 1997, La locution : entre lexique, syntaxe et pragmatique, Paris, Klincksieck pp. 173-182.

Murano M. (2010), Le traitement des Séquences Figées dans les dictionnaires bilingues français-italien, italien-français, Monza, Polimetrica.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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