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Jean-Ambroise Vesac : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Pour une 6e année, Le Petit Théâtre du Vieux Noranda et l’UQAT collaborent lors d’une résidence de cocréation avec des étudiant·e·s de maîtrise en création numérique et un•e artist·e professionnel·le, afin de contribuer concrètement au développement des compétences numériques, de savoirs expérientiels et d’innovation artistique, conduisant au développement des perspectives de carrière artistique en art vivant des participant·e·s. La résidence est basée sur une approche pédagogique de mise en situation critique. Elle immerge les étudiants dans un milieu professionnel pour réaliser un mandat concret répondant aux objectifs du cours Interaction-Homme-Machine et du milieu de pratique. Cette année : la rencontre de la marionnette, de la dramaturgie et de la création numérique. La présentation fera la synthèse du déroulement de la résidence 2023 et proposera les résultats préliminaires touchant l’évaluation de la performance pédagogique et l’élargissement des perspectives professionnelles.
La pandémie de COVID-19 a exercé des effets dévastateurs sur les artistes et sur l’écosystème culturel. Les fermetures successives de salles de spectacle de 2020 à 2022 se sont traduites chez les artistes en dépression, détresse psychologique, pensées suicidaires et abandons de carrière (FNCC, 2021). Le milieu s’est vidé de nombreux artistes travailleurs autonomes et plusieurs emplois ont été coupés. La pandémie a exacerbé la précarité déjà grande des artistes (Menger, 2009). Elle a aussi révélé de quelle façon notre système de soutien et de financement à la culture se fonde sur la capacité des artistes à être des « vecteurs de rentabilité directs ou indirects » (Deneault, 2022), que ce soit par les revenus générés par leurs biens et services culturels ou par les retombées de ceux-ci sur l’industrie touristique, l’hôtellerie, la restauration, etc. Sans possibilité de générer ces revenus et retombées, les artistes ont été laissés à eux-mêmes. On les a incités à assimiler l’esprit d’entreprise et à « se réinventer ».
Si la question de la professionnalisation des artistes se révèle centrale dans ce secteur depuis plusieurs années, elle est devenue urgente pendant la pandémie de COVID-19. Or, la pratique des arts exige des niveaux d’expertise technique, de développement et de maîtrise d’un langage, d’une esthétique et d’un style qui reposent sur des années de formation. Ces injonctions à « se réinventer » ont ainsi mis en évidence un paradoxe inhérent au besoin de professionnalisation, entre le travail de recherche en création et la logique économique productiviste à laquelle on assimile l’art. Dès lors, on peut se demander de quelle professionnalisation pour les artistes parle-t-on. Entre la légitimité d’une pratique artistique hautement spécialisée et la reconnaissance mesurée par des critères financiers, la professionnalisation des artistes est-elle sous le joug de la performance économique ?
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