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Luciana Martins Quixadá : Universidade Estadual do Ceará
Cette communication a pour but à présenter certaines réflexions produites à la fois dans le groupe de travail "Juventudes e Pesquisas Participativas" de ANPEPP au Brésil, ainsi que celles issues des recherches menées avec des étudiants de l'Universidade Estadual do Ceará. Certaines questions ont guidé ces réflexions : 1) ce modèle de recherche entraînerait-il un pouvoir d’agir chez les sujets participants ? ; 2) comment articuler les différentes positions occupées par les sujets dans ce scénario de recherche participative ? Nos expériences montrent que ce modèle de recherche peut, non seulement produire des données qualitatives, mais aussi affecter les processus de subjectivation des personnes impliquées. En effet, elle implique la construction d'un espace relationnel entre les chercheurs et les sujets recherchées, qui partagent leurs histoires d’autres liens sociaux qu’ils avaient auparavant. En ce qui concerne la promotion de la santé mentale et la confrontation des inégalités sociales, la recherche participative peut nous montrer à la fois comment les sujets agissent, ressentent et pensent, mais aussi produire de nouvelles compréhensions et affections-actions. De cette façon, une politique du récit peut être créée, lors de l'exercice du pouvoir dans l'action discursive sur le terrain relationnel de la recherche participative, permettant aux individus de re-signifier leurs expériences afin de transformer leurs vies.
Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).
Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.
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