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Prudence José Ebole Massey : Centre d'Etude et de Recherche en Sciences Sociales
L’utilisation des savoirs endogènes nous permet de passer au scanner les multiples projets de développement réalisés en Afrique en général et au Cameroun en particulier, et de voir qu’ils n’ont pas atteint les résultats escomptés. Les investisseurs occidentaux et autres bailleurs de fonds ont juste pensé que l’Afrique a des problèmes liés à la lente croissance économique, à l’instabilité, au sous-emploi, aux inégalités, à la monoproduction, à la dépendance économique et politique. Sur ce, ils ont élaboré des projets clé à main, c’est-à-dire des projets n’ayant aucune réalité avec le vécu des populations. C’est dire que ces projets ont été conçus au mépris des savoirs endogènes et de la valorisation de l’intelligence culturelle des africains en général et du Cameroun en particulier. En effet, les acteurs de ces projets ont oublié que le développement passe également par la valorisation de la richesse culturelle et traditionnelle d’un peuple, la prise en compte des fondements de l’anthropologie africaine. Au Cameroun, on observe que la batterie de programmes de développement mis en œuvre, n’ont pas contribué à la construction d’une nation forte et entreprenante, tout simplement parce que la racine culturelle du peuple reste ignorée et falsifiée. L’objectif de cette étude est de mener une réflexion critique sur les projets et programmes de développement conçus, élaborés et réalisés au Cameroun sans la prise en compte de l’intelligence culturelle et traditionnelle du peuple.
Les acteurs de la solidarité internationale (SI) sont de plus en plus confrontés à une vision qui perpétue les inégalités où l’on trouve d’une part des apporteurs de l’aide, issus des puissances du Nord, et d’autre part des bénéficiaires de l’aide, issus du Sud, qui expriment une volonté croissante d’autonomie dans la gestion des actions qui concernent leur population. Depuis l’adoption par l’ONU 2015, la SI est appelée à s’arrimer avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) visant l’amélioration des conditions de vie dans une perspective de maintien des écosystèmes pour soutenir l’ensemble de la diversité. Les moyens pour y parvenir relèvent de la valorisation des savoirs des peuples du Sud pour leur redonner le pouvoir sur leur développement et ainsi décoloniser les pratiques de la SI pour plus de coopération respectueuse. Ces moyens ont été renouvelés spécifiquement au milieu humanitaire dans le cadre du Sommet 2016 par l’entremise de la promotion officielle de la localisation de l’aide. L’ampleur de la crise sanitaire de COVID a entraîné un repli du Nord mais aussi des acteurs de la SI et a mis en lumière la capacité des organismes locaux d’agir autrement. Cette situation inattendue encourage à soutenir des projets qui favorisent l’autonomisation et pour lesquels la présence des coopérants et d’acteurs de la SI du Nord ne s’effectue plus dans les mêmes conditions qu’avant la crise. Ces pratiques issues des pays bénéficiaires questionnent la place et le rôle des acteurs internationaux, en ouvrant de nouvelles voies d’action possibles en dehors du système traditionnel. Notre colloque se veut un espace qui souscrit à engager un dialogue appelant à la coconstruction des connaissances pour adopter une posture réflexive critique participant ainsi à la diffusion des variétés de visions du monde et de pratiques liées sous l’optique d’un monde socialement juste, qui implique la décolonisation de la SO et le soutien vers plus d’autonomie des acteurs issus du Sud.
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