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Marie-Laure Harmand : Aix-Marseille Université
Les ministères de l’Éducation demandent aux enseignants via les curriculums d’assurer la transmission d’une histoire commune, porteuse de valeurs communes. Une histoire qui éclaire peu ou prou les questions sensibles. La conception de la citoyenneté sociale qu’ont les enseignant·e·s d’histoire, notamment au regard de leur trajectoire, impacte la manière dont ils intègrent dans leur pratique la thématique des droits sociaux, et l’apprentissage du pouvoir d’agir et de l’esprit critique des élèves. Cette approche interroge également la façon dont les enseignant·e·s font face aux réalités sociales des élèves et des établissements dans lesquels ils enseignent pour traiter des droits sociaux. Quels outils didactiques choisissent-ils ? Selon quels critères les thématiques sont-elles priorisées ou évacuées ? Ce travail proposera des résultats préliminaires d’un travail de thèse en cours. La méthodologie choisie est de type qualitatif. Elle s’appuie sur des entretiens, des observations et l’étude des curriculums. Elle vise à confronter ces derniers aux réflexions et pratiques des enseignant·e·s, afin de mieux comprendre ce qui peut constituer une lutte contre les inégalités sociales de départ ou au contraire leur poursuite. Les premiers traitements des données permettent d’ébaucher trois types de profils : Selon-soi institutionnel : à/aux côté·s de l’institution, Sujétion délégation : conformité à l’institution, et Faire par opposition : dans/contre l’institution.
Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.
En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.
Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.
Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.
Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.
Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.
Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.
Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.
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