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Marie-Andrée Plante : Université McGill
L’Atelier sur les corps, les identités et l’être a été lancé en 2020 en tant qu’espace de dialogue entre de jeunes chercheur·euses de toutes disciplines (par ex. droit, sociologie, littérature, linguistique, arts, communication, philosophie, histoire, etc.) intéressé·es par les thèmes des corps, des identités et de l’être qui présentent leurs travaux en chantier. Son objectif? Construire une communauté interdisciplinaire où la confrontation à différentes approches, sensibilités, et présupposés théoriques et méthodologiques permet de faire avancer les réflexions, suscite la remise en question, et mène peut-être même vers la sérendipité, la découverte inattendue.
Alors que ce type d’activité n’est généralement pas présent dans la formation en droit, cette communication sera l’occasion d’en explorer le potentiel, en examinant ses réussites comme ses écueils. Doit-on former les juristes à l’interdisciplinarité? Un tel Atelier est-il une voie à suivre?
En outre, à la lumière de l’expérience de l’Atelier, la présentation permettra de réfléchir sur la place spécifique que les jeunes chercheur·euses en droit peuvent occuper dans ce décloisonnement disciplinaire et la manière dont celui-ci peut agir sur leur identité de juristes. En fait-il de meilleur·es juristes? Ou en fait-il peut-être plutôt des juristes indiscipliné·es?
La formation des juristes et la recherche en droit ont subi d’importantes transformations au cours des dernières décennies. Loin derrière se trouve l’époque des années 1950-1970, au cours desquelles la recherche en droit était considérée avec « dédain et méfiance » par la communauté juridique (CRSH, 1983; Émond, 2012), alors que les enseignements universitaires étaient concentrés sur le partage de savoirs essentiellement techniques (CRSH, 1983).
Aujourd’hui, la recherche interdisciplinaire paraît dominer les programmes de cycles supérieurs en droit, cette dernière étant perçue, en droit comme ailleurs, « de plus en plus comme une façon pertinente d’aborder des problématiques complexes » (Taché, Zimmerman et Brisson, 2011; Darbellay et Paulsen, 2008). Dans le même ordre d’idées, on observe le parcours professionnalisant du juriste en devenir se transformer pour s’ouvrir davantage à l’interdisciplinarité (Lemay et Cumyn, 2016). Par exemple, au sein des facultés de droit québécoises, l’offre de cours de 1er cycle est bonifiée pour inclure notamment des cours de philosophie et de sociologie du droit, et il est parfois obligatoire pour les étudiantes et les étudiants de sortir de sa faculté d’attache pour compléter son cursus.
Au regard de cette mobilisation croissante de l’interdisciplinarité, nous proposons un temps d’arrêt permettant de discuter des racines de certaines initiatives interdisciplinaires dans la formation des juristes, des relations que le droit entretient avec les autres disciplines et de l’identité des juristes. Ce colloque se veut de la sorte un espace de réflexion sur la place, la pertinence et les limites de cet appel à l’interdisciplinarité dans la formation de l’esprit juridique au Québec.
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