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Maude Pugliese : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Selon un nombre croissant de travaux, les personnes mariées jouissent d’un avantage patrimonial, d’abord parce que les avoirs facilitent l’entrée dans le mariage, mais aussi parce que ce dernier engendre des économies d’échelles qui facilitent l’épargne. Nous contribuons ici à ce champ par une analyse comparative qui situe le mariage dans les contextes institutionnels et culturels qui façonnent ses avantages économiques. En nous appuyant sur la typologie des États-providence d'Esping-Anderson, nous postulons que l’avantage patrimonial du mariage est moins prononcé dans le contexte social-démocrate et défamilialiste du Québec que dans les autres provinces de type libéral. Nos données proviennent de l'Enquête sur la sécurité financière (1999 à 2019). Issus de régressions quantiles contrôlant plusieurs caractéristiques sociodémographiques, nos résultats montrent que l’écart patrimonial entre les personnes mariées et célibataires est plus faible au Québec que dans les autres provinces où le patrimoine des couples mariés est bien plus élevé que celui des unions de fait, alors qu'il n’y a pas d’écart entre ces groupes au Québec. Compte tenu de ces résultats, les chercheurs devraient éviter de décrire les avantages économiques du mariage comme étant universaux et intrinsèques. Il est plutôt crucial de souligner qu'ils sont façonnés par l'existence (ou le manque) de sources publiques de soutien économique pouvant favoriser l’indépendance face au mariage.
Plusieurs facteurs, certains observés depuis quelques années et pour encore une décennie au moins, et d’autres facteurs très récents peuvent complexifier la gestion des finances des ménages. Notamment, le Québec et le Canada vivent et continueront de vivre un vieillissement accéléré de leur population et une rareté de main-d’œuvre croissante dans plusieurs secteurs. Par ailleurs, de moins en moins de Canadiennes et de Canadiens disposent d’un accès soutenu à un régime de retraite d’employeur et doivent donc optimiser de manière de plus en plus idiosyncratique leur accumulation et leur décaissement d’épargne durant leur cycle de vie. Enfin, le contexte macroéconomique a changé de manière importante depuis le début de 2022, notamment en ce qui concerne l’inflation et les prix de nombreux actifs, réels et financiers, qui inquiètent de nombreux ménages.
De quelle façon ces facteurs liés aux marchés financiers, à l’immobilier, au marché du travail et aux changements démographiques nuisent-ils aux finances des ménages ? En présentant des projets utilisant des microdonnées confidentielles — administratives ou d’enquête — accessibles au Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), ce colloque réunira des chercheurs spécialistes de ces questions, dont plusieurs membres de l’Institut sur la retraite et l’épargne (IRE) de HEC Montréal, qui offriront des pistes de réponses, en utilisant une variété d’approches et de sources de données. Ces résultats contribueront à expliquer et analyser différents comportements et tendances susceptibles de se prolonger dans l’environnement socioéconomique nouveau auquel les ménages feront face — ou d’y nuire.
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