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Leila Celis : UQAM - Université du Québec à Montréal
En Colombie, la constitution de 1992 a été interprétée par plusieurs analystes comme un tournant dans l’histoire de ce pays. Elle comprend notamment la reconnaissance de la nation comme étant multi-ethnique et multiculturelle et concède des droits importants aux Autochtones et minorités ethniques dont la reconnaissance est élevée désormais au rang constitutionnel. Dès le début des années 2000, il apparaît clairement que le mouvement paysan pose des revendications dans des termes proches à ceux utilisés par les Autochtones. Ainsi, le mouvement paysan ne réclame plus seulement des droits économiques et individuels; il réclame aussi, à différents degrés d’une organisation à une autre, l’autodétermination et des droits collectifs politiques et identitaires. La littérature qui aborde les transformations des mouvements sociaux confond la visibilité gagnée par les organisations autochtones avec ce qu’elle qualifie d’ethnicisation issue des politiques multiculturalistes. Elle néglige le fait qu’au cours de trois dernières décennies, le mouvement agraire a subi une désagrégation du modèle d’organisation basé sur l’hégémonie de la catégorie de « paysan » (Castillo Gomez 2007). Dans cette communication, nous nous intéressons à la nouvelle revendication territoriale du mouvement paysan en faisant l’hypothèse qu’elle s’inspire du mouvement autochtone, qu’elle transforme l’identité du mouvement paysan lui-même et qu’elle redéfinit les rapports que celui-ci entretient avec l’État.
Les débats contemporains entourant le multiculturalisme et l’interculturalisme sont présents autant au Québec et au Canada qu’ailleurs dans le monde. Ils mettent en cause des modèles politiques différents et des orientations idéologiques soit opposées ou complémentaires pour aborder la question de la pluralité des cultures, mais aussi, et cela sans toujours bien la situer, la question de la transformation des cultures ; ce point de départ pour analyser les cultures des Amériques a été thématisé par le concept de transculturation proposé par l’anthropologue Fernando Ortiz dès les années 1940. Aujourd’hui, les débats autour du multiculturalisme et de l’interculturalisme sont particulièrement intenses dans le contexte des Amériques, où les relations entre les cultures nationales, autochtones et immigrantes sont, depuis plusieurs décennies, remises à l’ordre du jour, au point de déterminer des transformations constitutionnelles. Ce colloque voudrait amorcer le début d’un premier état des lieux des politiques de multiculturalisme et d’interculturalisme à l’échelle des Amériques, en interrogeant les possibilités d’ouverture que le processus de transculturation met en cause.
Titre du colloque :