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Rolando Ivan Magana Canul : Centre de recherches et d’études supérieures en anthropologie sociale
La construction et la mise en œuvre de parcs éoliens et solaires dans la péninsule du Yucatan constituent un élément central de la réforme énergétique du Mexique approuvée en 2013. L'un de ses objectifs centraux est de contrer les effets catastrophiques du changement climatique sur la société par la production d'énergies renouvelables, remplaçant ainsi l'utilisation de combustibles fossiles qui contribuent au réchauffement de la planète. Cependant, cette politique a suscité plus de réticence que de soutien parmi la population de certaines localités paysannes et indigènes sur les territoires desquelles des parcs éoliens et solaires ont été planifiés et construits, comme dans le cas de l'État du Yucatán, dans le sud-est du Mexique. L'objectif principal de cette présentation est d’exposer la manière dont la population maya conçoit et se relie à son territoire face à la mise en œuvre de projets d'énergie ‘propre’ au Yucatán.
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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