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Catherine Déri : UQO - Université du Québec en Outaouais
Au Canada, le taux d’abandon au 3e cycle universitaire oscille autour de 50%, toutes disciplines confondues. Parmi les facteurs poussant les doctorants à abandonner leur programme d’études, soulignons le manque d’expérience et de compétences en rédaction académique. Certaines universités lancent des initiatives pour soutenir les étudiants en période de rédaction, mais ces stratégies ne répondent que partiellement aux besoins. À vrai dire, la socialisation universitaire du doctorant repose sur une posture proactive, c’est alors que des projets mis sur pied par des étudiants semblent offrir des solutions intéressantes. À ce titre, les regroupements centrés sur des activités de rédaction sont reconnus comme dispositifs pédagogiques prometteurs en matière de communautés favorisant l’apprentissage social. En outre, c’est en interagissant avec d’autres chercheurs que les doctorants se socialisent au métier de chercheur, en apprenant les normes et les pratiques de leurs domaines de recherche. Nous présenterons des résultats d’une étude mettant en exergue la professionnalisation des doctorants lors de leur participation à des groupes de rédaction académique. Nous discuterons d’apprentissages qui se matérialisent pendant que les doctorants rédigent des documents de genres discursifs variés en compagnie de leurs pairs. Nous offrirons également des stratégies de formation par des actions sociales étudiantes favorisant l’intégration des doctorants dans leurs champs de pratiques.
Les moments de passage d’un ordre d’enseignement à un autre sont des périodes sensibles et complexes, notamment sur le plan des apprentissages (Chenard, Francoeur et Doray, 2007). Dans l’enseignement supérieur, ces moments sont caractérisés par une entrée dans une ou plusieurs communautés disciplinaires (Shanahan et Shanahan, 2012) et scientifiques (Pollet, 2019) qui exigent l’intégration de nouveaux écrits à lire, de nouvelles pratiques de communication ou de nouvelles modalités d’apprentissage. Or, la réflexion sur la littératie dans l’enseignement supérieur est en pleine effervescence dans la recherche francophone (Bélec, 2019; Blaser, Émery-Bruneau et Lanctôt, 2019; Boyer et Martineau, 2021). Cégeps, universités, hautes écoles, formation professionnelle supérieure, différents ordres d’enseignement s’en préoccupent, tant en contexte éducatif que professionnalisant. Du sens à donner au concept de littératie et aux frontières qu’il partage avec, notamment, les savoirs propres aux disciplines (Granger et Moreau, 2018), la réflexion des acteurs se tourne progressivement vers les pratiques pédagogiques et évaluatives. Certes, les apprentissages langagiers traditionnels préoccupent toujours, mais un véritable changement de paradigme s’est opéré vers une approche des compétences en littératie tournée vers une appropriation des genres discursifs et des littératies propres aux disciplines.
En s’orientant vers un paradigme plus systémique, le questionnement sur les compétences en littératie se complexifie. Quel est le rôle de ces compétences en éducation supérieure? Si le discours est, au-delà d’un moyen d’expression, un outil de structuration de la pensée scientifique, disciplinaire ou professionnelle, les formateurs peuvent-ils encore éluder son enseignement? Quel rapport l’enseignement supérieur adopte-t-il face aux nouvelles littératies et comment celles-ci modifient-elles le rapport au monde et à soi, au savoir et à la propriété intellectuelle (Peters, Vincent et Boies, 2020), voire à l’apprentissage? Ce colloque est l’occasion de dévoiler des résultats de recherche et de partager des dispositifs innovants situés. Il permet ainsi de mettre en commun des expertises visant à stimuler la réflexion quant aux implications pragmatiques du concept de littératie en éducation supérieure.
Trois axes sont proposés afin de structurer les échanges :
1) Les ruptures et continuités dans l’appropriation des écrits selon les ordres d’enseignement.
Cet axe aborde la transition entre les ordres, l’acculturation et l’entrée dans des communautés discursives disciplinaires ou scientifiques.
2) Les pratiques pédagogiques et évaluatives en littératie dans l’enseignement supérieur (ES).
3) Les objets de la littératie dans l’ES.
Sont ici concernés les définitions de la littératie, la lecture, l’écriture, l’oralité, la multimodalité, les genres, l’inclusion, le multiculturalisme, etc.
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