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Yanlin Zhao : Université Laval
En Chine, un contexte linguistiquement homogène, les méthodes d’enseignement du français semblent se limiter à une approche traditionnelle dans laquelle la grammaire joue un rôle essentiel et occupe une place appréciable dans la classe (Besse, 2011 ; Huang, 2021 ; Zhu, 2021). La langue maternelle (LM) – le mandarin – y est ordinairement requise, mais ne sert que d’outil d’explication ou de traduction. Nous nous posons donc la question suivante : comment profiter de la LM et d’autres langues connues par les étudiants (par exemple, l’anglais) afin de les soutenir dans l’acquisition de nouvelles connaissances, dont des notions grammaticales qui, comme l’article français (nommé aussi déterminant en contexte québécois), n’existent pas morphosyntaxiquement en chinois ? L’éveil aux langues, qui valorise le répertoire linguistique des étudiants, favorise le développement de leurs capacités métalinguistiques et soutient la mise en œuvre de comparaisons interlinguistiques, semble une avenue prometteuse (Auger, 2005 ; Dault et Collins, 2016, 2017 ; Candelier, 2021). De ce fait, notre communication rendra compte d"une recension des écrits à la croisée entre trois domaines : l’enseignement de la grammaire du français en Chine, l’enseignement/apprentissage de l’article français et les approches plurilingues. Nous présenterons également le dispositif d’enseignement que nous souhaitons expérimenter et la méthodologie projetée pour notre recherche.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :