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Les femmes et les inégalités de genre en milieu universitaire

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Stéphanie Gaudet : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les professeur.es universitaires sont régulièrement engagé.e.s dans des activités du « prendre soin » des étudiant.e.s, des collègues, de l’institution et de leur famille, mais ces pratiques sont complètement négligées dans la culture universitaire. Pourtant, le maintien de la vie académique sous toutes ses formes affecte l'équité entre les sexes dans le milieu universitaire. En utilisant les théories du care et du genre dans un contexte organisationnel, nous avons analysé des entretiens qualitatifs avec vingt-deux femmes universitaires de deux universités canadiennes, sélectionnées pour représenter différentes disciplines et étapes dans la trajectoire de la carrière universitaire. Nos interviewées ont spontanément utilisé un vocabulaire du « prendre soin » pour décrire leurs tâches d'enseignement, de supervision et d'administration. Elles racontent comment l'organisation ne reconnait pas le temps et l'énergie émotive qu'elles mettent dans leurs différentes tâches et comment celle-ci sont genrée. Nous avons également découvert que le « prendre soin de soi » demeure une catégorie largement négligée de la culture organisationnelle et que plusieurs femmes cachent leurs enjeux de santé.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite interroger l’écosystème académique comme lieu masculin et potentiellement discriminant pour celleux aux identités féminines ou prenant des rôles et responsabilités dites féminines. Les multiples enjeux auxquels font face les femmes lorsqu’elles entament une carrière universitaire est le reflet de ce penchant masculiniste du milieu. Alors qu’au Québec les femmes forment la majorité des étudiant·e·s universitaires (Conseil du statut de la femme, 2018, p. 17), leur présence au sein du corps professoral est moindre (40,2 % des professeur·e·s sont des femmes, Radio-Canada, 2017). Celles qui parviennent à faire carrière dans le milieu universitaire ont généralement de moins bons salaires que leurs collègues masculins (Statistiques Canada, dans Penner et Smith Carrier, 2022) et cette disparité est encore plus grande en fonction de leur séniorité. Cela peut sembler paradoxal si on considère qu’elles s’occupent davantage de tâches « de soin » importantes, mais peu reconnues pour le maintien de la vie universitaire : mentorat, travail administratif, travail de soutien émotif (Gaudet, 2022). Ce travail invisible de soin s’ajoute à celui de la maternité et constitue alors un enjeu transversal majeur à considérer, autant au sein de l’institution universitaire qu’en dehors (Baker, 2012; Bourgeault, Gaudet et Bujaki, 2021). La récente pandémie a d’ailleurs mis en lumière de manière frappante les enjeux vécus par les mères et universitaires (Larochelle, 2020). On sait par exemple qu’elles ont moins publié et que les revues ont publié davantage de textes écrits par les hommes, également en sciences de la nature (Gewin, 2020). Les enjeux sont encore plus critiques lorsqu’une personne se situe à l’intersection de plusieurs caractéristiques discriminatoires (Anderson, 2020). À la lumière de cette mise en contexte, il nous paraît essentiel de créer un espace de discussion concernant les enjeux féminins dans le milieu universitaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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