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Les freins à l’éveil des jeunes filles aux disciplines et métiers scientifiques : Et si on recourrait à l’Empowerment ?

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Ndeye Faty Sarr : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

Notre proposition de communication repose sur une réflexion théorique sur les freins à l’éveil des jeunes filles aux disciplines et métiers scientifiques. Plusieurs études ont révélé que les diplômées sont plus nombreuses comparativement aux diplômés notamment en France et dans les pays développés (Breda et al., 2018). Toutefois, les filles s’orientent plus dans les filières générales. En conséquence, elles restent peu visibles dans les métiers scientifiques comme les mathématiques, la physique et l’informatique (Breda et al., 2018). Les représentations genrées du métier de scientifique ainsi que les biais de genre expliqueraient cette disparité (Bergeron, 2019 ; Bosse et Guégnard, 2007). Parmi les mesures préconisées pour corriger ces disparités, il y a le « role models » qui repose sur l’intervention de femmes scientifiques dans les classes des lycées ce qui aurait pour effet de réduire les stéréotypes genrés sur le métier de scientifique tant chez les garçons que chez les filles (Institut des Politiques Publiques, 2019). Des campagnes de communication inclusives en amont de l’université permettraient aussi de réduire ces écarts. Toutefois, les mesures prises peinent à changement radicalement ce phénomène. C’est pour cette raison que nous théorisons le recours à L’Empowerment des jeunes filles pour des résultats probants. L’Empowerment, un concept central de la littérature féministe. Il suppose l’acquisition des femmes du pouvoir en, du pouvoir sur, du pouvoir avec.

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Ania Tadlaoui-Brahmi Simon Parent
section icon Date : 9 mai 2023

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