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Les politiques en logement abordable: Une solution au phénomène grandissant des campements urbains à Montréal?

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Véronic Lapalme : Université de Montréal

Résumé de la communication

La crise du logement qui sévit partout dans le monde a son lot d'impacts sur le Québec et elle a des conséquences directes sur les populations les plus vulnérables, notamment les personnes en situation d’itinérance. De surcroît, le phénomène des campements urbains prend de l’ampleur à Montréal, le manque criant de logement abordable et les crises économiques sont intimement liés à leur présence dans l’espace public (Leblanc, 2021; Hunter et al., 2014; Lefebvre et Diaz, 2021). Les politiques publiques en vigueur à Montréal tentent de répondre aux besoins en matière de logement abordable, mais on rapporte un désinvestissement de l’État dans le logement social et communautaire et un virage des trois paliers gouvernementaux vers le marché privé pour combler la pénurie (Gaudreau, 2022; Reiser, 2020). Est-ce que ces politiques arrivent à atténuer, pérenniser ou contribuer au phénomène des campements urbains? L’objectif de cette présentation est de mieux comprendre les récentes politiques en habitation au Québec et leurs impacts sur les campements urbains à Montréal à l’aide d’une méthode d’analyse de synthèse des connaissances des politiques (INSPQ, 2011) et d’une revue des médias . Par suite de cette enquête, certaines dynamiques propres au marché capitaliste ont été identifiées comme posant un problème à l’abordabilité des logements. Une piste envisageable serait de proposer des politiques publiques hors du marché pour des logements réellement abordables à Montréal.

Résumé du colloque

Pour mettre fin à l’itinérance, de nombreux acteurs institutionnels et communautaires postulent que la solution passe par l’obtention d’un logement (Gaetz, Scott et Gulliver, 2013; MSSS, 2021). Or, Montréal, comme toutes les grandes villes occidentales, n’échappe pas à la pression liée à la spéculation immobilière, au manque de logement social et abordable, au tourisme de masse et aux exigences esthétiques. Cette pression a d’abord pour effet de provoquer un déplacement incessant des populations qui occupent l’espace public et qui sont jugées comme étant indésirables (Harvey, 2011; Parazelli, 2021). Cette pression a ensuite pour effet de rendre difficile la matérialisation des solutions dites idéales pour mettre fin à l’itinérance (Gaetz, Gulliver et Richter, 2014; Buchnea, Legate, McKitterick et Morton, 2021). Force est de constater que toutes les populations n’ont pas un accès égal à la ville. Les populations en situation d’itinérance sont plus que jamais cachées ou repoussées dans des quartiers ou des espaces non centraux, souvent loin des services qui leur sont dédiés (Lavigne, 2014; Loison-Leruste, 2014; Wasserman et Clair, 2010). Elles vivent également de nombreuses barrières à l’accès pour les programmes de sortie de rue, dont les places sont trop peu nombreuses et principalement accessibles aux personnes jugées comme les plus aptes à sortir d’un mode de vie à la rue (Namian, 2021; 2018). La réflexion sur l’itinérance porte ainsi très souvent sur les pratiques qui peuvent ou devraient être mises en place pour y mettre fin.

En parallèle à cette réflexion, l’itinérance est une expérience vécue quotidiennement par de nombreuses personnes. Lorsqu’on regarde l’itinérance sous le prisme d’une expérience vécue quotidiennement, un déplacement peut s’opérer dans la réflexion critique, passant de l’analyse d’éléments macrosociologiques (p. ex., les politiques sociales, des programmes, les pratiques d’intervention) à une analyse microsociale (p. ex., le bien-être, le rapport personnel à l’espace, les stratégies à mettre en place pour soutenir les besoins journaliers des personnes, leur droit à l’autodétermination). Qu’il s’agisse de circuler, occuper l’espace public ou habiter la ville de différentes manières, la réflexion ne peut se centrer exclusivement sur le fait de mettre fin à l’itinérance. C’est pourquoi nous vous invitons à contribuer à une réflexion plus large sur les gestes et les pratiques mis ou à mettre en place pour soutenir le bien-être des personnes en situation d’itinérance.

Cette journée veut donc apporter des éléments théoriques et pratiques à la question des conditions pour habiter et exister dans une ville aujourd’hui. Utilisant à la fois des exemples de campements urbains, des projets d’aménagement conçus par ou pour les personnes en situation d’itinérance ainsi que des réflexions sur les politiques et pratiques existantes, nous nourrirons la question des conditions nécessaires pour mieux « vivre-ensemble ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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