Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Maude Pugliese : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Depuis la fondation du Conseil du statut de la femme en 1973, les heures consacrées aux tâches domestiques par les hommes et les femmes convergent. Doit-on conclure que la prise en charge du travail reproductif devient plus égalitaire? La première partie de cette communication fait le point sur cette question, en attirant l’attention notamment sur les normes mouvantes de la parentalité, qui enjoignent à des investissements parentaux de plus en plus intensifs lors de l’adolescence et même la vie adulte. Qui prend en charge l’organisation de ce soutien financier aux jeunes, leur éducation économique? Aussi, la répartition genrée du travail reproductif a des répercussions bien connues sur la situation d’emploi des femmes. Mais qu’en est-il de leur accumulation patrimoniale? Cette question est névralgique dans un contexte de vieillissement de la population et d’érosion des régimes de pension. Pourtant, les écarts de patrimoine entre les hommes et les femmes sont actuellement inconnus, car les sources de données existantes mesurent les actifs et les dettes comme des biens du ménage, assumant par là leur égale distribution au sein des couples. La seconde partie de cette intervention portera sur les résultats inédits d’une enquête réalisée au Québec en 2022 qui offre un tout premier portrait du patrimoine individuel des hommes et des femmes au Québec.
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.
Titre du colloque :
Thème du colloque :