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Yao Dit Ouattara Adaman Kouadio : Université Félix Houphouët-Boigny
« Je n’aime pas traduire la réalité, j’aime la travestir. Je ne suis pas journaliste, mais romancier » : tels sont les propos de Tierno Monénembo lors d’un entretien accordé à la revue Sépia. À la lecture de cette interview, un certain nombre de questions traverse l’esprit. Celles-ci se rapportent notamment au travail de travestissement des faits réels par Monénembo. À en croire l’auteur guinéen, il s’inspirerait du réel pour produire ses œuvres sans toutefois reproduire le réel. Le journaliste, selon Monénembo, serait tenu de rester fidèle à ce qui se passe réellement lors de ses publications, et ce, par principe de déontologie. Le connecteur logique « mais » est la marque de l’opposition. Employé entre « journaliste » et « écrivain », le mot de liaison laisse entrevoir le contraste existant entre les deux notions. Il y a donc une dissimilitude profonde entre ces deux entités sur le plan professionnel. Le romancier aurait besoin de donner de nouvelles configurations à la réalité pour la mise en place de la fiction. L’objectif de cette communication est de voir comment Monénembo s’y prend dans le jeu scriptural du réel à travers l’irréel. Il s’agira d’analyser les différentes modalités de travestissement opérées par l’écrivain.
Ce colloque tente de revisiter l’œuvre de Tierno Monénembo, en la replaçant dans son contexte historique, social et littéraire. Docteur en biochimie, professeur en Algérie, au Maroc et aux États-Unis, et lauréat de nombreux prix littéraires (prix Renaudot, Grand prix littéraire d’Afrique noire, Grand prix de la francophonie, prix Erckmann-Chatrian, Grand prix du roman métis, Grand prix palatine et prix Ahmadou Kourouma), Tierno Monénembo est l’un des écrivains majeurs de la littérature africaine francophone contemporaine, qui font partie des romanciers de la « deuxième génération » (Dabla, 1986), et dont les textes déconstruisent les principes de la négritude, considérant la modernité culturelle africaine sous l’angle de l’ethnomodernité (Semujanga, 2015).
Caractérisée avant tout par la diversité, la transculturalité, la polyphonie des voix narratives, les relations entre divers genres et autres formes artistiques (cinéma, musique, peinture), l’œuvre du romancier guinéen aborde également d’importantes questions sociopolitiques de son temps.
Quarante-trois ans après la parution de son premier roman, quel bilan peut-on faire de la production romanesque de Tierno Monénembo? Quelles pistes nouvelles peut-on emprunter? Ce sont les questions nodales auxquelles ce colloque aimerait répondre pour rendre hommage à ce romancier de renommée internationale, à la veille de son 76e anniversaire.
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