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L’ethnographie institutionnelle, le soutien aux personnes marginalisées et le développement de projets d’habitation communautaire à Montréal : enjeux, défis et stratégies

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Emanuel Guay : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les projets d’habitation communautaire, qui incluent les coopératives, les habitations à loyer modique et les projets gérés par des OSBL d’habitation, ont été identifiés comme une des méthodes les plus efficaces pour encourager la réinsertion sociale et l’accès au logement pour les personnes qui sont en situation de marginalité ou qui doivent conjuguer avec différents défis sociaux (Bouchard et Hudon 2008 ; Morin, Robert & Dorvil 2001). Ma communication vise à brosser un portrait de l’environnement institutionnel dans lequel les acteurs et actrices dédié-e-s à l’habitation communautaire mènent actuellement leurs activités à Montréal, en m’appuyant à la fois sur une recherche menée entre 2019 et 2022 avec des organismes communautaires dans le quartier Parc-Extension et sur les travaux associés à l’ethnographie institutionnelle (Smith 2005 ; DeVault 2006) et à l’action communautaire autonome au Québec (Shragge 2007 ; Panet-Raymond 1991). Je prêterai ainsi attention aux facteurs sociaux et politiques qui entravent le développement de projets d’habitation communautaire, ainsi qu’aux stratégies qui peuvent être employées pour affronter ces obstacles et mener ces projets à bien (Bergeron-Gaudin 2017).

Résumé du colloque

Pour mettre fin à l’itinérance, de nombreux acteurs institutionnels et communautaires postulent que la solution passe par l’obtention d’un logement (Gaetz, Scott et Gulliver, 2013; MSSS, 2021). Or, Montréal, comme toutes les grandes villes occidentales, n’échappe pas à la pression liée à la spéculation immobilière, au manque de logement social et abordable, au tourisme de masse et aux exigences esthétiques. Cette pression a d’abord pour effet de provoquer un déplacement incessant des populations qui occupent l’espace public et qui sont jugées comme étant indésirables (Harvey, 2011; Parazelli, 2021). Cette pression a ensuite pour effet de rendre difficile la matérialisation des solutions dites idéales pour mettre fin à l’itinérance (Gaetz, Gulliver et Richter, 2014; Buchnea, Legate, McKitterick et Morton, 2021). Force est de constater que toutes les populations n’ont pas un accès égal à la ville. Les populations en situation d’itinérance sont plus que jamais cachées ou repoussées dans des quartiers ou des espaces non centraux, souvent loin des services qui leur sont dédiés (Lavigne, 2014; Loison-Leruste, 2014; Wasserman et Clair, 2010). Elles vivent également de nombreuses barrières à l’accès pour les programmes de sortie de rue, dont les places sont trop peu nombreuses et principalement accessibles aux personnes jugées comme les plus aptes à sortir d’un mode de vie à la rue (Namian, 2021; 2018). La réflexion sur l’itinérance porte ainsi très souvent sur les pratiques qui peuvent ou devraient être mises en place pour y mettre fin.

En parallèle à cette réflexion, l’itinérance est une expérience vécue quotidiennement par de nombreuses personnes. Lorsqu’on regarde l’itinérance sous le prisme d’une expérience vécue quotidiennement, un déplacement peut s’opérer dans la réflexion critique, passant de l’analyse d’éléments macrosociologiques (p. ex., les politiques sociales, des programmes, les pratiques d’intervention) à une analyse microsociale (p. ex., le bien-être, le rapport personnel à l’espace, les stratégies à mettre en place pour soutenir les besoins journaliers des personnes, leur droit à l’autodétermination). Qu’il s’agisse de circuler, occuper l’espace public ou habiter la ville de différentes manières, la réflexion ne peut se centrer exclusivement sur le fait de mettre fin à l’itinérance. C’est pourquoi nous vous invitons à contribuer à une réflexion plus large sur les gestes et les pratiques mis ou à mettre en place pour soutenir le bien-être des personnes en situation d’itinérance.

Cette journée veut donc apporter des éléments théoriques et pratiques à la question des conditions pour habiter et exister dans une ville aujourd’hui. Utilisant à la fois des exemples de campements urbains, des projets d’aménagement conçus par ou pour les personnes en situation d’itinérance ainsi que des réflexions sur les politiques et pratiques existantes, nous nourrirons la question des conditions nécessaires pour mieux « vivre-ensemble ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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