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Rokhaya Amadou Dia : Université Gaston-Berger
Les femmes ont été toujours marginalisées dans l'histoire des Relations Internationales particulièrement la scène diplomatique. L’égalité des genres dans les espaces de décision est le principal problème auquel se heurte les femmes pour réhabiliter leur statut sur la scène internationale. Depuis les années 80, les femmes, à travers des organisations communautaires de base mais également d’autres moyens luttent pour la reconnaissance et la réhabilitation de leurs droits. Certes des efforts sont notés, mais la plupart des revendications ne sont pas encore prises en compte. L’objectif principal de cette lutte est de représenter l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, telles que ratifiée dans les conventions internationales, par les Etats, pour une meilleure justice sociale et une société avec plus d’humanité. L’inclusion du genre dans la politique étrangère est fondamentale pour la mise en œuvre de politiques inclusives. Comment repenser les questions féministes dans les Relations internationales ? Dans le cadre de ce travail, nous allons utiliser la méthode réaliste pour éclairer l’émergence des mouvements féministes dans les Relations Internationales. Pour y répondre, nous étudierons d’abord les documents officiels et les corpus juridiques pertinents. Ensuite, nous recueillerons les rapports, les articles, les bibliographie et les revues scientifiques. Enfin terminer par des entretiens pour compléter les informations et analyses.
La notion de genre est devenue omniprésente dans la recherche sur le développement en Afrique (Treillet, 2008). Toutefois, la prégnance des partenaires internationaux dans ces recherches semble avoir affaibli son potentiel transformateur des relations de pouvoir inégalitaires dans les sociétés africaines (Parpart, 2014). En effet, le genre semble avoir été instrumentalisé pour pallier la résistance au concept de féminisme en Afrique. Or, cette résistance n’est pas synonyme d’un rejet de l’idéologie féministe entendue comme une critique des rapports sociaux de genre, mais comme une distanciation avec le féminisme en tant que « cadre universaliste de mobilisation » (Latourès, 2009, p. 144). De plus, ce refus provient de chercheur·se·s d’Afrique qui cherchent à s’approprier la lecture de leur propre réalité (Touré, 2002).
Sur le plan heuristique, il serait donc important de se demander à quelles réalités nous faisons référence quand nous parlons du genre en Afrique ? Quel est le sujet politique de la recherche sur le genre en Afrique ? Pouvons-nous affirmer que recherche féministe et recherche sur le genre sont interchangeables ?
Nous aimerions en débattre au regard des résistances que génère la question du féminisme en Afrique (Dieng, 2021). Il s’agira plus spécifiquement de poser la question des enjeux qu’une recherche sur le genre pose, notamment dans le processus de construction de la connaissance. Ces enjeux de plusieurs ordres se situent à l’intersection des inégalités de genre au sein du monde universitaire, la prégnance des agences de développement, mais aussi la division internationale du travail scientifique (Direnberger et Doubogan, 2022). S’agissant de la division internationale du travail scientifique, il serait intéressant d’interroger l’hégémonie des enjeux que constitue la non-interrogation d’un certain nombre de chercheur·se·s du Nord concernant les relations de pouvoir — rapports sociaux de race qui se juxtaposent aux rapports de genre — dans les espaces universitaires et les recherches sur le genre.
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