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L’histoire sans fin des traitements de semence insecticides : enjeux et obstacles à la réduction des pesticides

GL

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Geneviève Labrie : Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel

Résumé de la communication

Depuis l’homologation des traitements de semence insecticides systémiques, tels que les néonicotinoïdes, des milliers d’études scientifiques ont été menées et publiées afin de démontrer les impacts environnementaux, sur la santé humaine et l’inutilité de leur utilisation prophylactique. Au Québec, plusieurs projets de recherche ont été menés entre 2012 et 2017 afin d’évaluer l’utilité des néonicotinoïdes dans les grandes cultures et leur innocuité sur les pollinisateurs. Malgré un soutien financier gouvernemental très important, de nombreuses difficultés ont été rencontrées au cours des projets, particulièrement pour la publication des résultats. Cette histoire a confirmé de nombreuses failles dans le système public, de l’homologation des pesticides à l’éthique dans les centres de recherche parapublics. De plus, malgré l’imposition d’une justification agronomique pour l’utilisation des néonicotinoïdes, de nouveaux traitements de semence insecticides sont apparus et utilisés de façon prophylactique, et ce, sans égard aux résultats de recherche démontrant leur inutilité contre les ravageurs ciblés par ces pesticides. Des méthodes de lutte alternatives existent, mais de nombreux obstacles limitent leur adoption par le milieu agricole.

Résumé du colloque

Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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