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Giorgia Magni : Université de Genève
Depuis les années 60-70, les groupes de chercheuses et d’étudiantes féministes se sont mobilisés pour lutter contre les violences de genre au sein des universités. En Suisse, comme ailleurs, ces combats ont su combler le manque d’action des institutions d’éducation supérieure et permettent enfin la promotion d’initiatives de sensibilisation. Différentes modalités sont apparues, telles que la mise en œuvre de campagnes de prévention ou d’interventions éducatives comprenant la création de cours obligatoires sur les questions de genre et de sexualité ou l’inclusion de ces thématiques dans des formations existantes. Actuellement, au sein des institutions d’éducation supérieure, nous nous trouvons face à une institutionnalisation de certaines de ces propositions issues des luttes féministes notamment émanant des étudiant-es. Mais comment sont-elles reçues et quel est leur impact véritable sur la prise de conscience des étudiant-es concernant les enjeux de genre et des violences de genre ? Nous essayerons de répondre à ces questions en analysant les entretiens qualitatifs menés auprès de 42 étudiant-es de l’Université de Genève collectés dans le cadre d’une thèse visant à comprendre les attitudes et les normes qui consolident les violences de genre vécues pendant les études universitaires. Comment la prise de conscience s’est-elle faite ? Quelle est la place de ces formations / sensibilisation institutionnelle ? Sont-elles jugées pertinentes par leur public cible ?
Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.
« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.
Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.
Nous vous proposons quatre thématiques :
Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.
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