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Maintenir un équilibre pour protéger notre identité francophone et préserver notre attractivité économique

ML

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Michel Leblanc : Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Résumé de la communication

En tant que moteur économique du Québec, le Grand Montréal est directement touché par la dynamique de cohabitation du français et de l’anglais. On observe une hausse de l’utilisation de l’anglais à cause de son caractère de langue internationale des affaires, de la concentration de la communauté anglophone et de la présence d’immigrants récents maîtrisant parfois peu le français.

La métropole fait face à un double défi économique. Le premier, structurel, tient dans la compétition permanente que se livrent les grandes métropoles pour attirer les talents. Il est donc primordial pour Montréal de rester compétitive et attractive, en mettant en avant nos outils d’intégration et de francisation, avec un cadre réglementaire et administratif clair, juste et favorable pour les entreprises. Rappelons que celles-ci jouent un rôle primordial comme facteur d’intégration à notre société.

Le second défi, conjoncturel, tient dans la pénurie de main-d’œuvre généralisée qui touche actuellement l’ensemble de notre économie. Alors que les talents sont de plus en plus difficiles à trouver, le recrutement à l’étranger devient une nécessité pour les entreprises.

C’est bien cette ligne de crête que souhaitent naviguer le milieu des affaires et la Chambre. D’une part, la nécessaire protection et promotion du français comme élément constitutif et distinctif de l’identité québécoise et d’autre part, la préservation de l’attractivité du Grand Montréal comme métropole économique de premier plan.

Résumé du colloque

Dans la mouvance de l’adoption du projet de loi no 96 en mai 2022 et des élections québécoises à l’automne de la même année, les questions et les débats entourant le lien présumé entre l’immigration et le « déclin du français » au Québec, voire de la survie de la nation québécoise francophone, sont apparus sur un nombre sans cesse croissant de tribunes. Qu’il s’agisse de seuils d’immigration, de limites de la capacité d’accueil de la société québécoise, de pouvoirs et de gestion de l’immigration permanente et temporaire par le Québec, de politiques et de mesures de francisation, d’intégration et de régionalisation, pour ne mentionner que ceux-là, beaucoup a été dit sans pourtant offrir un portrait juste, nuancé et dénué de clichés sur ces enjeux.

Le gouvernement québécois s’est engagé à tout mettre en œuvre pour freiner le recul du français au Québec, lequel serait attribuable, selon lui, au fait que les immigrants ne parlent pas ni n’utilisent suffisamment cette langue. Très souvent, une telle lecture de la réalité repose sur des indicateurs dont la portée est plutôt limitée et qui font l’économie d’analyses qui prennent en compte la complexité et la richesse des dynamiques associées à la diversité ethnoculturelle, au plurilinguisme et à la concomitance du français comme langue publique commune et de l’anglais comme lingua franca globale.

Mais que sait-on du rapport qu’entretiennent les immigrants avec la langue française et la notion de « français langue publique commune » ? Quelles représentations se font les immigrants, récents et établis, de la présence et du statut relatif du français et de l’anglais au Québec, et à Montréal en particulier ? Lors du recensement de la population de 2021, environ 57 % de la population de langue maternelle tierce déclarait parler plus d’une langue à la maison. Que nous révèle ce plurilinguisme au foyer au regard des pratiques et des comportements linguistiques au travail, dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, dans l’espace public en général ? À quels défis les nouveaux arrivants sont-ils confrontés lorsque leur langue première n’est pas le français ? Quels sont les facteurs qui modulent positivement ou négativement leur apprentissage du français ? Que sait-on des succès, voire des limites, de ces mesures qui visent à favoriser l’apprentissage et l’usage du français ? Quels rôles joue ou ne joue pas la société d’accueil pour valoriser et promouvoir l’usage du français auprès de certaines communautés immigrantes ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le cadre de ce colloque. Ce dernier vise à fournir un éclairage au débat public sur ces enjeux et à favoriser un meilleur arrimage entre la recherche et les données probantes d’une part, et le développement de programmes et de mesures susceptibles de favoriser un meilleur vivre-ensemble linguistique d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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