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Méta-analyse sur les effets d’entraînement des fonctions exécutives chez les enfants et les adolescents

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Sophie Mcmullin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les fonctions exécutives (FE) - mémoire de travail, contrôle inhibiteur et flexibilité cognitive - sont des processus de contrôle cognitifs permettant les comportements orientés vers un but (Miyake et Friedman, 2012). Plusieurs études suggèrent qu’elles seraient associées à la réussite académique (Bowmer et al., 2018). En conséquence, de nombreuses recherches ont eu pour objectif de développer des entraînements visant à améliorer les FE. Cependant, les résultats apparaissent peu consensuels, voire contradictoires, à travers les études. De plus, le transfert, c'est-à-dire l'influence de l'apprentissage passé sur l'apprentissage actuel ou futur (Perkins et Salomon, 1992), y est conçu de façon restreinte : proche quand les tâches d'entraînement et d'évaluation sont similaires, lointain quand les tâches sont différentes. En conséquence, nous avons utilisé une typologie plus détaillée séparant les facteurs liés au contenu et au contexte dans le transfert (Barnett et Ceci, 2002) pour réaliser une méta-analyse sur les entraînements cognitifs (103 études, enfants et adolescents neurotypiques de 3 à 18 ans). Une synthèse des principaux résultats sera d’abord présentée pour ensuite s’attarder sur la population d’âge préscolaire de l’échantillon. Cette présentation vise à discuter de nouvelles perspectives sur les effets des entraînements cognitifs, de leurs limites, et à proposer une nouvelle façon d'analyser les résultats issus de la recherche dans ce domaine.

Résumé du colloque

Les fonctions exécutives [FE] représentent des processus cognitifs complexes, dont les composantes de base sont la mémoire de travail, l’inhibition et la flexibilité mentale (Blair, 2016). À la base de la régulation intentionnelle de l’attention, de la pensée et des actions, les FE amènent l’enfant à raisonner, planifier, se concentrer et inhiber les interférences et les comportements qui ne sont pas appropriés en vue d’atteindre un objectif (Chevalier, 2010).

Des études ont montré que les FE de l’enfant, qui sont en plein essor à la petite enfance, représentent un puissant prédicteur de son développement, de ses apprentissages et de sa réussite éducative (Ribner et al., 2017). Des travaux ont notamment démontré que le niveau de FE de l’enfant en maternelle permettait de prédire ses habiletés en mathématiques et en lecture (Mulcahy et al., 2021), en plus de constituer un fort prédicteur de son développement langagier (Foy et Mann, 2013) et de son fonctionnement cognitif en général (Blair et Razza, 2007).

Compte tenu de leur rôle central, il s’avère essentiel de s’intéresser aux FE des jeunes enfants afin de mieux caractériser leur trajectoire développementale et de déceler des moyens de les soutenir dès la petite enfance. À cet égard, certains chercheurs ont étudié la possibilité de les entraîner dans le but de les améliorer (Volckaert et Noël, 2015) tandis que d’autres ont misé sur l’observation, l’évaluation et le soutien des FE en contexte plus naturel (p. ex., dans des situations de jeu) (Duval et al., accepté; Moreno et al., 2017). Or, les résultats de ces études ne paraissent pas toujours convergents et il devient nécessaire de faire le point et de cibler les éléments qui font le plus consensus à l’heure actuelle : Que doit-on en retenir et quelles sont les implications possibles pour la pratique ? Ce symposium vise à faire un tour d’horizon de la question en présentant des résultats de recherche récents concernant le soutien aux FE chez les jeunes enfants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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