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Mieux former des actrices et acteurs de changement face aux crises sociales totales de nos société non-durables : Analyse d’une expérience pédagogique dans un programme de 1er cyc

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Sabrina Tremblay : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

La triple crise actuelle (sanitaire, économique, climatique), entretenue par nos modes de développement insoutenables, impacte le fonctionnement des personnes dans leurs communautés (INSPQ, 2021). Le travail social a un rôle à jouer à cet effet (Ornellas et al., 2016). Or, la formation que reçoivent les étudiantes en travail social sur les enjeux liés à la transition socioécologique (TSE) est actuellement insuffisante (Harris et Boddy, 2017). Cela peut nuire à la capacité et le sentiment de compétence de ces futures intervenantes d’intervenir sur ces enjeux. Il faut ainsi adapter nos enseignement et réduire au maximum le fossé entre la théorie et la pratique (Champoux, 2020).

Notre communication propose de faire un retour critique sur une expérience pédagogique d’initiation et d’appropriation des enjeux de la TSE auprès d’étudiantes du baccalauréat en travail social de l’Université du Québec à Chicoutimi lors de la session d’automne 2022 et hiver 2023. Selon les principes de la pédagogie active (Desjardins et Sénécal, 2016; Poumay, 2014), les étudiantes ont été placées en action dès le début de la session avec le mandat de réaliser un projet d’intervention collective d’ampleur limitée en lien avec la TSE. Nous souhaitons ainsi inspirer et convaincre les enseignants de la nécessité de s’investir davantage dans la formation des futures intervenantes en lien avec la TSE et contribuer ainsi au changement social.

Résumé du colloque

Les changements climatiques représentent l’un des plus gros défis auxquels l’humanité est confrontée au 21e siècle (IPCC, 2021; WHO, 2021). Les effets sociaux, environnementaux, sanitaires, économiques et politiques sont multiples et dévastateurs, et interpellent directement les intervenantes et intervenants sociaux qui travaillent de près avec les communautés les plus touchées par ces changements : « Les effets socioécologiques des changements climatiques se font sentir avec acuité sur les populations et les communautés les plus opprimées et les plus démunies » (Thésée et Carr, 2008, p. 15).

Ces effets socioécologiques pressent de plus en plus les intervenantes et intervenants sociaux à s’engager davantage face aux risques et catastrophes (Maltais et al., 2022; Maltais, 2003), dans la formation écosociale (Drolet et al., 2015), par des actions de prévention, d’écologisation des institutions sociales (Grandgeorge, 2022) et de politisation (Latour, 2021) dans les communautés territoriales (RQIIAC, Bernard et Michaud, 2020). D’ailleurs, il faut noter que les personnes œuvrant en travail social, notamment en action collective (Comeau, Bourque et Lachapelle, 2018; Lachapelle, 2017), se sont depuis longtemps engagées dans les luttes environnementales et pour la justice écosociale au Québec (Comeau, 2010), à l’échelle autant locale qu’internationale (Dominelli, 2018; Gonzalez-Hidalgo 2020).

Toutefois, bien que ces pratiques d’intervention écosociales foisonnent au Québec, elles demeurent trop peu documentées. Cela peut s’expliquer par le fait que les milieux du travail social universitaires et francophones ont tardé à développer ce champ de connaissances du travail « écosocial ». Considérant l’état embryonnaire de cet intérêt pour le travail écosocial, les connaissances sous-jacentes à la discipline du travail social n'ont pas encore été influencées par une pensée plus écosociale (Larocque, Roy et MacDonald, 2022; Varoch et Mickey, 2022; Jochems, Poisson et Létourneau, 2017), tout comme la formation n’a pas été influencée par l’écologie, et ce, malgré l’urgence climatique croissante. Cela est vrai pour les savoirs, la pédagogie et la pratique du travail social partout au Québec, comme dans le reste de la francophonie canadienne, où ces initiatives sont rarement évoquées.

Pour ce faire, il est indispensable de repenser la relation entre l’humain et la nature, et ce, au regard des fondements relationnels de la crise climatique (Rosa, 2018; Latour, 2021). Il convient alors d’interroger les types de récits, alternatifs ou existants mais mis sous silence, qui contribuent à décoloniser la nature et nouer avec elle une relation mutuelle (Tapia et Magnenat, 2020), basée sur des principes de réciprocité (Larocque, soumis) et de pensée plurivers (Escobar, 2018).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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