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Dylan Racana : Université Lumière-Lyon-II
La thématique des inégalités entre les filles et les garçons dans le système éducatif a été abordée de nombreuses manières. Cependant, un acteur de l’éducation et de la formation qui occupe un rôle central dans le développement de ces politiques, le chargé de mission académique égalité filles-garçons, est très peu étudié dans la littérature scientifique. Cette proposition de communication s’intéresse à ces professionnels aux profils et conditions de travail très différents selon les académies. En effet, s’il est obligatoire pour chaque académie d’avoir un chargé de mission égalité filles-garçons et s’ils travaillent tous à partir des conventions interministérielles, rien ne précise le temps de travail ou encore le profil de ce chargé de mission. Dans quelles mesures les actions des chargés de missions académiques diffèrent-elles selon leur profil et le temps de travail alloué ? Nous avons mené des entretiens avec des chargés de mission académique égalité filles-garçons de dix-huit académies différentes (sur trente académies) ainsi qu’un entretien avec la cheffe du bureau de l’égalité. Les principaux résultats qui ressortent de cette enquête sont les suivants : selon l’académie, les conditions de travail et les profils des chargés de mission sont très différents. Les manières de développer et/ou percevoir la mission sont dépendantes avec ces conditions et profils différents mais aussi avec des éléments qui ne relèvent pas du champ professionnel (tel que le militantisme).
Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.
« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.
Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.
Nous vous proposons quatre thématiques :
Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.
Titre du colloque :