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Elsa Tremblay : Université Laval
Les fonctions exécutives (FE), prédicteur des apprentissages et du développement de l’enfant (Ribner et al., 2017), regroupent 3 composantes principales, dont l’inhibition. Les habiletés d’inhibition, qui permettent de diriger son attention, ses pensées et ses actions vers la réalisation d’un objectif précis (Rosas et al., 2019), sont en pleine progression à l'âge préscolaire, en raison de la maturation accélérée des aires cérébrales qui les supportent (Kovács & Mehler, 2009). Il est donc nécessaire de les soutenir à ce moment charnière, notamment chez les enfants qui vivent des défis. En ce sens, des travaux ont montré que ceux vivant un trauma complexe (TC), se caractérisant par des situations d’abus/d’abandon/de négligence durant l’enfance, sont plus à risque à l’égard des FE (Cowell et al., 2015). Pour cause, le TC peut engendrer des difficultés développementales persistantes, notamment sur le plan émotionnel et comportemental (Milot et al., 2018). En parallèle, des travaux ont montré un lien entre la qualité du soutien émotionnel (SÉ) à l'éducation préscolaire et les FE de l’enfant de 5 ans (Duval et al., 2016), soit dans un milieu accueillant des enfants vivant un TC (Wenzel et Gunnar, 2013). Si quelques travaux ont examiné le lien entre la qualité du SÉ les FE des jeunes enfants, nous en savons encore très peu sur les pratiques enseignantes axées sur le SÉ qui sont suceptibles de favoriser l’inhibition des enfants en contexte de TC (McLaughlin et al., 2014).
Les fonctions exécutives [FE] représentent des processus cognitifs complexes, dont les composantes de base sont la mémoire de travail, l’inhibition et la flexibilité mentale (Blair, 2016). À la base de la régulation intentionnelle de l’attention, de la pensée et des actions, les FE amènent l’enfant à raisonner, planifier, se concentrer et inhiber les interférences et les comportements qui ne sont pas appropriés en vue d’atteindre un objectif (Chevalier, 2010).
Des études ont montré que les FE de l’enfant, qui sont en plein essor à la petite enfance, représentent un puissant prédicteur de son développement, de ses apprentissages et de sa réussite éducative (Ribner et al., 2017). Des travaux ont notamment démontré que le niveau de FE de l’enfant en maternelle permettait de prédire ses habiletés en mathématiques et en lecture (Mulcahy et al., 2021), en plus de constituer un fort prédicteur de son développement langagier (Foy et Mann, 2013) et de son fonctionnement cognitif en général (Blair et Razza, 2007).
Compte tenu de leur rôle central, il s’avère essentiel de s’intéresser aux FE des jeunes enfants afin de mieux caractériser leur trajectoire développementale et de déceler des moyens de les soutenir dès la petite enfance. À cet égard, certains chercheurs ont étudié la possibilité de les entraîner dans le but de les améliorer (Volckaert et Noël, 2015) tandis que d’autres ont misé sur l’observation, l’évaluation et le soutien des FE en contexte plus naturel (p. ex., dans des situations de jeu) (Duval et al., accepté; Moreno et al., 2017). Or, les résultats de ces études ne paraissent pas toujours convergents et il devient nécessaire de faire le point et de cibler les éléments qui font le plus consensus à l’heure actuelle : Que doit-on en retenir et quelles sont les implications possibles pour la pratique ? Ce symposium vise à faire un tour d’horizon de la question en présentant des résultats de recherche récents concernant le soutien aux FE chez les jeunes enfants.
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