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Claude Donald Loiselle : Organisation internationale du Travail - OIT
Près de 3 millions de personnes meurent chaque année d’accidents et de maladies liées au travail, dont 80% à la suite de maladies, avec un impact économique estimé à environ 4% du PIB mondial. En réponse, la Conférence internationale du Travail a reconnu en juin 2022 la convention (n° 155) sur la sécurité et la santé des travailleurs et la convention (n° 187) sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail comme des conventions fondamentales, en application de sa décision de reconnaître le droit à « un milieu de travail sûr et salubre » comme l’un des principes et droits fondamentaux au travail. Ses 187 États membres doivent dorénavant appliquer les dispositions de ces deux conventions. Cette décision historique demande une réponse politique coordonnée et des moyens de prévention conséquents, incluant des capacités accrues en recherche, éducation, services-conseils, formation, et sensibilisation. Les connaissances générées dans les pays à économie avancée par des investissements à long terme en recherche contribuent aux capacités nationales et mondiales en matière de SST, et sont essentielles pour relever les défis de SST dans une économie globalisée. Les profondes transformations en cours et les décisions que prennent maintenant les acteurs politiques et sociaux à l’échelle mondiale imposent de s’intéresser à l’organisation de la recherche en SST, en examiner les modalités de gouvernance et identifier les perspectives de développement de la prévention.
Le monde du travail a fait l’objet de nombreuses transformations depuis les 30 dernières années. Les économies se sont mondialisées et les nouvelles technologies, tout en introduisant de nouveaux risques pour la santé, ont fait disparaître plusieurs emplois et ont fait émerger de nouvelles professions. La participation des femmes au marché du travail a rejoint celle des hommes, le vieillissement de la main-d’œuvre a progressé alors que les enfants sont encore utilisés comme force de travail dans plusieurs pays. De plus, la syndicalisation a connu une décroissance, les mouvements migratoires et la diminution de la natalité ont accéléré l’intégration au travail des nouveaux arrivants, et la prise en compte de la diversité s’est imposée au fonctionnement des entreprises. Les changements climatiques, dont les manifestations ne sont plus à nier et qui s’accompagnent de crises sanitaires, risquent de s’intensifier, posant de nouveaux risques pour la santé et la sécurité au travail (SST). Enfin, la pandémie de la COVID-19 a propulsé le travail à domicile et le travail hybride comme de nouvelles formes d’organisation du travail qui font tomber la frontière entre le milieu de travail et le milieu hors travail.
Ces transformations du monde du travail posent de nouveaux enjeux pour la protection de la santé et de la sécurité des travailleur(se)s. Dans un tel contexte, comment la recherche en SST doit-elle s’orienter? Faut-il surveiller plus particulièrement certaines lésions ou maladies professionnelles? Quelles seraient les priorités à retenir pour orienter le besoin de connaissances sur les scènes nationale et internationale? Comment doit-on orienter plus particulièrement les actions de prévention et les mécanismes de retour et de maintien au travail des travailleur(se)s québécois?
Ce colloque vise à apporter un éclairage à ces questions grâce à la participation d’intervenant(e)s et de chercheur(se)s du Québec, du Canada et des grandes organisations internationales.
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