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Laura Delfino : Université de Montréal
Depuis l’affirmation de son rôle social, le musée a été encouragé à se considérer comme un agent d’inclusion et a mis en place une série de stratégies participatives afin de servir un public de plus en plus large (Anderson 2014, Eidelman 2017, Mairesse 2017, Watson 2007). Toutefois, encore trop souvent, lorsque le public est invité à collaborer avec le musée, le processus de cocréation se déroule généralement selon les codes établis par l’institution (Kassim 2017, Lynch 2017).
Dans ma recherche doctorale, j’analyse les stratégies mises en place dans les musées d’art dans le but de formuler une critique du momentum participatif. Plus précisément, j’emprunte à l’approche de la démocratie radicale théorisée Ernesto Laclau et Chantal Mouffe (2009), afin de mieux comprendre les dynamiques de pouvoir inscrites dans les processus participatifs.
Pour cette communication, je présente les résultats de l’étude du processus de cocréation d’un dispositif de médiation numérique réalisé par et pour les personnes dites issues de la diversité au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Cette recherche qualitative, documente les travaux de la cellule d’innovation mis sur pieds par PRISME, le laboratoire d'innovation en médiation numérique du MBAM de l’automne 2021 à l’hiver 2023. L’étude de la démarche d’innovation centrée sur l’humain a démontré que, seulement par une négociation constante du pouvoir décisionnel, l’institution peut laisser place à de nouvelles formes d’agentivités.
Notre colloque 2023 se concentre sur les contributions des laboratoires vivants et de fabrication en faveur des durabilités-soutenabilités environnementales (Broto et Westman 2017; 2021; Hess et McKane, 2021) et des transitions socioécologiques favorisant l’émergence d’écosystèmes plus durables, justes et inclusifs (Audet, 2015). Il s’agira de démontrer que ces labs peuvent permettre aux citoyens de s’exprimer, devenir parties prenantes des décisions et ne pas être relégués au simple rôle de consommateur (Galuzzo, 2020). L’atténuation progressive de la Covid-19 peut être l’occasion de réfléchir à un nouvel ordre mondial plus équilibré, juste et respectueux de l’environnement au risque de faire de notre siècle celui de l’épidémie des pandémies (Vaillancourt et Godrie, 2021). La situation planétaire actuelle semble alors attester de la nécessité de mener une réflexion collective sur la croissance économique. Peut-on dissocier la notion d’innovation, au cœur des labs, de celle de croissance ? Se caractérisant par un ethos à la fois démocratique, participatif et inclusif, et des approches de résolution de problème fondées sur des savoirs, la collaboration en réseau, l’innovation ouverte et la prospective, les labs pourraient-ils servir les initiatives de transition socioécologique (dans une perspective de postcroissance) ? Comment les labs peuvent-ils contribuer à une durabilité juste (que certains auteurs nomment just sustainabilities; Broto et Westman, 2017; 2021; Hess et McKane, 2021) ?
Réfléchir à une transition socioécologique semble nécessaire, c’est donc là l’essence même de ce nouveau colloque de 2023. Quatre champs ont été ciblés :
Titre du colloque :