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Tania Longpré : UQAM - Université du Québec à Montréal
En 2019, le Québec a accueilli 40 561 immigrants permanents et plus de 140 000 immigrants temporaires (MIFI, 2020). Qu’ils soient adultes ou d’âge scolaire, les immigrants allophones qui ne connaissent pas le français ou ne le maîtrisent pas assez lorsqu’ils s’installent au Québec bénéficient de différentes mesures de francisation. Lorsqu’ils ne maîtrisent pas assez la langue pour intégrer le parcours scolaire francophone dans la grande région de Montréal, les enfants inscrits au secteur de la formation générale des jeunes (FGJ) fréquentent habituellement une classe d’accueil, dite d’intégration linguistique, scolaire et sociale (classe d’ILSS), jusqu’à leur intégration en classe régulière (CR). Ils peuvent alors poursuivre leur parcours scolaire jusqu’à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires (DES), si tel est leur désir. Qui sont les nouveaux arrivants au Québec? Quels sont leurs parcours? Quels sont les défis et les enjeux qu’ils rencontrent, à tous âge, en matière de francisation? Les parcours sont-ils assez diversifiés afin de répondre aux besoins variés, et ce, dans toutes les régions du Québec? Est-ce que le Québec en fait assez afin que les nouveaux-arrivants parviennent à atteindre des objectifs linguistiques suffisants afin d’être autonome dans la société québécoise? Quels sont les obstacles et les défis qu’ils rencontrent? ? Ce sont-là des questions fréquemment soulevées, auxquelles l’exposé tentera de répondre.
Dans la mouvance de l’adoption du projet de loi no 96 en mai 2022 et des élections québécoises à l’automne de la même année, les questions et les débats entourant le lien présumé entre l’immigration et le « déclin du français » au Québec, voire de la survie de la nation québécoise francophone, sont apparus sur un nombre sans cesse croissant de tribunes. Qu’il s’agisse de seuils d’immigration, de limites de la capacité d’accueil de la société québécoise, de pouvoirs et de gestion de l’immigration permanente et temporaire par le Québec, de politiques et de mesures de francisation, d’intégration et de régionalisation, pour ne mentionner que ceux-là, beaucoup a été dit sans pourtant offrir un portrait juste, nuancé et dénué de clichés sur ces enjeux.
Le gouvernement québécois s’est engagé à tout mettre en œuvre pour freiner le recul du français au Québec, lequel serait attribuable, selon lui, au fait que les immigrants ne parlent pas ni n’utilisent suffisamment cette langue. Très souvent, une telle lecture de la réalité repose sur des indicateurs dont la portée est plutôt limitée et qui font l’économie d’analyses qui prennent en compte la complexité et la richesse des dynamiques associées à la diversité ethnoculturelle, au plurilinguisme et à la concomitance du français comme langue publique commune et de l’anglais comme lingua franca globale.
Mais que sait-on du rapport qu’entretiennent les immigrants avec la langue française et la notion de « français langue publique commune » ? Quelles représentations se font les immigrants, récents et établis, de la présence et du statut relatif du français et de l’anglais au Québec, et à Montréal en particulier ? Lors du recensement de la population de 2021, environ 57 % de la population de langue maternelle tierce déclarait parler plus d’une langue à la maison. Que nous révèle ce plurilinguisme au foyer au regard des pratiques et des comportements linguistiques au travail, dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, dans l’espace public en général ? À quels défis les nouveaux arrivants sont-ils confrontés lorsque leur langue première n’est pas le français ? Quels sont les facteurs qui modulent positivement ou négativement leur apprentissage du français ? Que sait-on des succès, voire des limites, de ces mesures qui visent à favoriser l’apprentissage et l’usage du français ? Quels rôles joue ou ne joue pas la société d’accueil pour valoriser et promouvoir l’usage du français auprès de certaines communautés immigrantes ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le cadre de ce colloque. Ce dernier vise à fournir un éclairage au débat public sur ces enjeux et à favoriser un meilleur arrimage entre la recherche et les données probantes d’une part, et le développement de programmes et de mesures susceptibles de favoriser un meilleur vivre-ensemble linguistique d’autre part.
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