Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julie Noël : Université de Sherbrooke
L’identité de mère est particulièrement ébranlée lorsque l’enfant est placé dans le cadre d’une mesure de protection (Honey, Mayes et Miceli, 2018). Les problématiques pouvant être à l’origine du placement de l’enfant continuent habituellement d’affecter les mères et s’exacerbent souvent après le retrait de l’enfant. Une augmentation des problèmes liés à la dépression, l’agressivité et la dépendance est souvent remarquée au cours du processus de placement (Schofield et al., 2011). Cette communication est basée sur une étude visant à examiner les processus freinant ou favorisant la reconnaissance sociale de mères d’enfants placés jusqu’à leur majorité. Un modèle théorique prenant assise sur les écrits d’Honneth (2000) et de Renault (2004) a été construit pour l’étude et 14 récits de vie de mères, d’enfants placés, ont été réalisés. L’attention sera portée aux perspectives méthodologiques et théoriques de l’étude, puisque le passage entre une compréhension philosophique et la démonstration empirique de la théorie de reconnaissance sociale pose des défis particuliers concernant : l’interinfluence des expériences vécues au sein des trois terrains de lutte pour la reconnaissance (affective, juridique et sociale); le moment au cours du parcours de placement où se déroule l’entretien de recherche et lorsque que les identités de mères et de femmes ne se (re)construisent pas au même rythme.
Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).
Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.
Titre du colloque :
Thème du colloque :