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Natalie Rinfret : École nationale d'administration publique
Les conventions n°100 et 111 de l’Organisation Internationale du Travail, votées en 1951 et 1958, établissaient les principes de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur égale et l’absence de discrimination en emploi (OIT, 2011). Bien que des lois ont été promulguées et des programmes implantés au Québec et au Canada, la discrimination en emploi n’a pas disparu pour autant.
L’atteinte de ces objectifs doit tenir compte de l’évolution des préjugés au fil du temps tout en portant une attention particulière sur le volet occulte des effets de la discrimination en emploi. Il s’agit de l’émergence des formes subtiles de la discrimination envers les femmes qui oeuvrent dans les milieux non-traditionnels (Tougas et al., 1995, 1998).
Dans cette étude, nous proposons un modèle hybride qui présente des étapes menant vers une véritable inclusion professionnelle des femmes. Les étapes reflètent un processus à moyen et long termes qui conjugue des pratiques d’équité en matière d’emploi prometteuses et un système qui cultive un type de leadership qui propulse vers une culture organisationnelle d’inclusion (Jones & Dovidio, 2018).
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.
Titre du colloque :