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Persistance des écarts salariaux : une analyse selon la profession et la scolarité

RR

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Ruth Rose-Lizée : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Résumé de la communication

En 2022, au Québec, l’écart salarial horaire entre les femmes et les hommes était de 10 points de pourcentage et l’écart hebdomadaire de 18,8 points. En 2020, l’écart annuel était de 29,4 points, un meilleur ratio que l’écart de 32,7 points en 2015.

Les écarts hebdomadaires et annuels s’expliquent en partie par le fait que les femmes travaillent moins d’heures par semaine que les hommes et qu’elles s’absentent plus souvent du marché du travail en raison de leurs responsabilités pour le travail domestique et le soin aux enfants ou à d’autres proches. Toutefois, les écarts horaires, stagnants depuis au moins 10 ans, devraient se rétrécir, voire s’inverser, puisque les femmes sont maintenant plus scolarisées que les hommes. Elles ont aussi davantage d’expérience professionnelle qu’autrefois. Les lois sur l’équité salariale et la plus grande sensibilité à l’égard de l’égalité femme-homme devraient aussi contribuer à une réduction plus rapide de ces inégalités.

En plus de faire une recension des écrits sur les raisons expliquant ces écarts, cette présentation examinera de plus près les écarts salariaux femmes-hommes selon la profession et la scolarité, notamment afin d’identifier l’impact de la ségrégation professionnelle. D’autres variables, telles la race, le statut d’immigration, le secteur de travail public-privé ou la taille de l’entreprise, seront aussi analysées.

Résumé du colloque

En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.

Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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