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Personnes âgées face aux défis des changements climatiques : État des connaissances sur les catastrophes naturelles

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Mario Paris : Université de Moncton

Résumé de la communication

Le vieillissement de la population est un phénomène mondial qui se produit lorsque la proportion de personnes âgées augmente par rapport à la population totale. Les changements climatiques sont aussi un phénomène mondial qui est causé, en partie, par l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre provenant de l'activité humaine. Cependant, ces deux phénomènes ont des conséquences croisées, car les personnes âgées sont plus vulnérables aux impacts des changements climatiques, entre autres dans un contexte de catastrophe naturelle.

Basée sur une revue exploratoire de la littérature scientifique, notre présentation dressera une image des connaissances sur les catastrophes naturelles et les personnes âgées. Pour ce faire, 77 articles ont été recensés. De manière générale, la vulnérabilité des personnes âgées est mise en évidence par ces études et elle s'explique par le déclin physique avec l'avance en âge, l'absence de services adaptés à leurs besoins lors de catastrophes, ainsi qu'un risque élevé de pauvreté.

Nous aborderons les implications de cette recension exploratoire afin de réfléchir la pratique et la recherche en travail écosocial. Nous montrerons que les personnes âgées ne représentent pas seulement un groupe vulnérable dans la population, mais elles sont aussi des personnes avec des expériences de vie, des connaissances et des compétences qui peuvent être utilisées pendant et après une catastrophe naturelle, voire dans le cadre de la transition écologique.

Résumé du colloque

Les changements climatiques représentent l’un des plus gros défis auxquels l’humanité est confrontée au 21e siècle (IPCC, 2021; WHO, 2021). Les effets sociaux, environnementaux, sanitaires, économiques et politiques sont multiples et dévastateurs, et interpellent directement les intervenantes et intervenants sociaux qui travaillent de près avec les communautés les plus touchées par ces changements : « Les effets socioécologiques des changements climatiques se font sentir avec acuité sur les populations et les communautés les plus opprimées et les plus démunies » (Thésée et Carr, 2008, p. 15).

Ces effets socioécologiques pressent de plus en plus les intervenantes et intervenants sociaux à s’engager davantage face aux risques et catastrophes (Maltais et al., 2022; Maltais, 2003), dans la formation écosociale (Drolet et al., 2015), par des actions de prévention, d’écologisation des institutions sociales (Grandgeorge, 2022) et de politisation (Latour, 2021) dans les communautés territoriales (RQIIAC, Bernard et Michaud, 2020). D’ailleurs, il faut noter que les personnes œuvrant en travail social, notamment en action collective (Comeau, Bourque et Lachapelle, 2018; Lachapelle, 2017), se sont depuis longtemps engagées dans les luttes environnementales et pour la justice écosociale au Québec (Comeau, 2010), à l’échelle autant locale qu’internationale (Dominelli, 2018; Gonzalez-Hidalgo 2020).

Toutefois, bien que ces pratiques d’intervention écosociales foisonnent au Québec, elles demeurent trop peu documentées. Cela peut s’expliquer par le fait que les milieux du travail social universitaires et francophones ont tardé à développer ce champ de connaissances du travail « écosocial ». Considérant l’état embryonnaire de cet intérêt pour le travail écosocial, les connaissances sous-jacentes à la discipline du travail social n'ont pas encore été influencées par une pensée plus écosociale (Larocque, Roy et MacDonald, 2022; Varoch et Mickey, 2022; Jochems, Poisson et Létourneau, 2017), tout comme la formation n’a pas été influencée par l’écologie, et ce, malgré l’urgence climatique croissante. Cela est vrai pour les savoirs, la pédagogie et la pratique du travail social partout au Québec, comme dans le reste de la francophonie canadienne, où ces initiatives sont rarement évoquées.

Pour ce faire, il est indispensable de repenser la relation entre l’humain et la nature, et ce, au regard des fondements relationnels de la crise climatique (Rosa, 2018; Latour, 2021). Il convient alors d’interroger les types de récits, alternatifs ou existants mais mis sous silence, qui contribuent à décoloniser la nature et nouer avec elle une relation mutuelle (Tapia et Magnenat, 2020), basée sur des principes de réciprocité (Larocque, soumis) et de pensée plurivers (Escobar, 2018).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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