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Camille Roberge : Université McGill
Alors que les changements climatiques et leurs conséquences s’accentuent, les villes déploient des mesures afin de mitiger leurs impacts sur les citoyennes et citoyens. En outre, les changements apportés à l’environnement bâti, comme l’ajout de parcs ou de pistes cyclables dans le but de verdir la ville et encourager le transport actif, peuvent engendrer des conséquences négatives sur certains groupes de la population.
Nous avons préparé un rapport de recommandations pour le Bureau de la transition écologique et de la résilience (BTER) de la Ville de Montréal pour guider le choix d'indicateurs d'équité pour évaluer leurs projets, en particulier pour le Plan Climat de la ville, paru en 2020. Il est le fruit d’un travail à la fois conceptuel sur la notion d’équité, et de recension d’indicateurs existants pour renforcer la cohérence dans la conceptualisation et l’opérationnalisation des mesures d’équité à Montréal. Une analyse environnementale des site web et documents d’autres villes canadiennes ainsi qu’une revue éclair de la littérature ont servi à identifier des indicateurs d’équité existants et à analyser leur utilisation dans un contexte municipal. Ce rapport présente donc les huit indicateurs d’équité retenus qui serviront à faire le suivi des changements engendrés par la mise en œuvre du Plan Climat.
L’aménagement des villes peut jouer un rôle majeur sur la santé et l’équité. Les transformations sur le cadre bâti urbain, comme l’installation de pistes cyclables, la modification de voies en rues piétonnes, les investissements en transport collectif et le verdissement ont le potentiel d’atténuer les répercussions des changements climatiques, d’améliorer la santé et la qualité de vie des résidentes et des résidents, et de soutenir la résilience communautaire.
Historiquement, les investissements urbains ont principalement eu lieu dans les quartiers aisés, laissant les quartiers moins nantis avec un double désavantage. À Montréal par exemple, la différence d’espérance de vie de neuf ans observée entre les quartiers est en partie associée à des différences dans les environnements urbains : espaces verts, infrastructures de transport actif, offre commerciale ou îlots de chaleur — les ressources porteuses de santé ne sont pas distribuées de manière équitable.
Mais dans un contexte de ville en constante évolution, les politiques et investissements qui ciblent en partie l’équité pourraient changer la donne. Alors que les villes transforment l’espace urbain, le potentiel d’amélioration des contextes de vie est au cœur des réflexions, et les retombées sur le plan du capital social, de la qualité de vie et de la santé représentent une promesse importante. Mais les effets inattendus comme la gentrification sont aussi observés, et l’observation de ces transformations et la compréhension de leurs incidences reste très partielle. En d’autres termes, de nombreuses questions demeurent.
Ce colloque propose de se pencher sur ces transformations de la ville, en explorant comment la question d’équité est posée dans le développement de politiques publiques visant les environnements et l’équité, quels changements sont observés sur le territoire et si ces transformations contribuent réellement à l’équité dans les environnements urbains.
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