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Plus de 20 ans de recherche-création : quels impacts pour l'engagement des collectivités

MF

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Manuelle Freire : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La recherche-création (R-C) a déjà plus de 20 ans. Ce paradigme Canadien de recherche par et pour la création basé sur la pratique artistique a été largement théorisée, mais une lacune persistante ne permet pas une vue d’ensemble de la productivité de cette approche et des impacts de ses nombreuses manifestations. Pour pallier cette lacune, il faut reconnaitre que la recherche-création n’est plus uniquement une entreprise académique épistémologique et méthodologique, mais une approche établie et grandissante qui produit objets et expériences, en plus de proposer des nouvelles formes d’engagement avec le public.

Après plus de deux décennies de consolidation de ses méthodes, de ses pratiques et de ses réseaux internationaux, le Québec compte de nombreux créateurs et créatrices très prolifiques qui évoluent dans des milieux et industries variées. Durant et à terme de la formation, leurs créations se déploient dans les réseaux d’organismes et de manifestations culturelles (festivals internationaux et institutions artistiques), des start-ups et des centres de r&d pour les industries du jeu ou des expériences immersives, parfois même, en lien avec la recherche technologique et scientifique appliquée. Cette communication présente les caractéristiques de ces profils hybrides, les avenues d’évolution professionnelle de ces pratiques et les enjeux propres à la R-C identifiés par une analyse préliminaire d’études de cas dans un corridor Québec-France.

Résumé du colloque

La pandémie de COVID-19 a exercé des effets dévastateurs sur les artistes et sur l’écosystème culturel. Les fermetures successives de salles de spectacle de 2020 à 2022 se sont traduites chez les artistes en dépression, détresse psychologique, pensées suicidaires et abandons de carrière (FNCC, 2021). Le milieu s’est vidé de nombreux artistes travailleurs autonomes et plusieurs emplois ont été coupés. La pandémie a exacerbé la précarité déjà grande des artistes (Menger, 2009). Elle a aussi révélé de quelle façon notre système de soutien et de financement à la culture se fonde sur la capacité des artistes à être des « vecteurs de rentabilité directs ou indirects » (Deneault, 2022), que ce soit par les revenus générés par leurs biens et services culturels ou par les retombées de ceux-ci sur l’industrie touristique, l’hôtellerie, la restauration, etc. Sans possibilité de générer ces revenus et retombées, les artistes ont été laissés à eux-mêmes. On les a incités à assimiler l’esprit d’entreprise et à « se réinventer ».

Si la question de la professionnalisation des artistes se révèle centrale dans ce secteur depuis plusieurs années, elle est devenue urgente pendant la pandémie de COVID-19. Or, la pratique des arts exige des niveaux d’expertise technique, de développement et de maîtrise d’un langage, d’une esthétique et d’un style qui reposent sur des années de formation. Ces injonctions à « se réinventer » ont ainsi mis en évidence un paradoxe inhérent au besoin de professionnalisation, entre le travail de recherche en création et la logique économique productiviste à laquelle on assimile l’art. Dès lors, on peut se demander de quelle professionnalisation pour les artistes parle-t-on. Entre la légitimité d’une pratique artistique hautement spécialisée et la reconnaissance mesurée par des critères financiers, la professionnalisation des artistes est-elle sous le joug de la performance économique ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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