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Pour une alternative au « DAOisme » : une synthèse théorique et pratique de l’organisation institutionnelle et démocratique grâce au fédéralisme et aux monnaies locales

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Louis-Maxime Joly : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Actuellement, nous voyons se développer une remise en question des «règles du jeu» au niveau monétaire. Notamment, il est question de l’émergence de ce DAOisme (c.-à-d. la croyance dans les Decentralized Autonomous Organizations) avec les cryptoactifs (p.ex. Ethereum). Toutefois, cette utopie se frappe à des contradictions liées à la gouvernance de l’infrastructure, sans parler du manque d’ancrage territorial, démocratique ou économique. Face à cela, il est important de s’engager dans le débat et proposer une contre-proposition qui répond à ces malaises et ces aspirations. De manière analogue, il y a une forte réactivation de théories et de pratiques associées à la grande famille du socialisme. Ces théories ouvrent un retour de l’universalisme des insurgés de Tomba à travers le développement d’institutions démocratiques et écologiques, tel qu’exposé par Bookchin ou bien Dardot et Laval. En ce sens, à la Lietaer, il est important d’offrir des alternatives monétaires capables d’accueillir ce pluralisme, sans tomber dans le piège du localisme. Ainsi, la voie des monnaies locales est importante, tout en prenant compte les limites de ces projets en termes de production et d’accès aux ressources, à la lumière des théories post-keynésiennes et institutionnalistes. De ce fait, le développement de souverainetés locales doit prendre en compte la compensation et le fédéralisme, ainsi que la coopération intercommunautaire financière et commerciale, en continuité avec Keynes et Kalecki.

Résumé du colloque

La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?

Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?

Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?

Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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