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Emilie Michelin : CNAM LIRSA
Face aux évolutions de la société et aux exigences croissantes en termes de réponses sociales et environnementales, les pouvoirs publics doivent s’adapter pour proposer des innovations. Une innovation publique (IP) initiée dans un département rural du sud de la France, le Lot est ici analysée. Le Violences Intra Familiales (VIF) s’appuie sur une collaboration multiacteurs, publiques et privées, à différentes échelles territoriales.
Les dynamiques de collaboration mises en œuvre pour développer une IP à visée sociale et les échelles territoriales sont ici interrogées. Le cadre d’analyse du travail institutionnel (Lawrence et Suddaby, 2006) a été appliqué. Une analyse ethnographique et longitudinale, basée sur une immersion de trois ans a été réalisée. Les données ont été analysées selon la grille des pratiques institutionnelles d’innovation.
Les résultats relèvent une dynamique de collaborations multiacteurs / multiniveaux, et une mobilisation différenciée des leviers et des pratiques institutionnelles en fonction du type d’acteurs et de leur position sur l’échelle territoriale. Sur le plan théorique, cette étude renouvelle la littérature en IP et collaborative en proposant une grille d’analyse des pratiques institutionnelles à mettre en œuvre pour soutenir la création d’une IP dans une zone périphérique. Sur le plan managérial, un tel outil d’analyse facilite la création d’un environnement institutionnel favorable au développement de projets multiacteurs et multiniveaux.
Les défis contemporains de gouvernance qui affligent les États-nations, dont les crises sanitaire et climatique, requièrent des gouvernements qu’ils interviennent rapidement et efficacement sur leur territoire, afin d’éviter d’irrémédiables catastrophes humaines, économiques, sociales et écologiques. En plus d’interpeller l’ensemble des paliers de gouvernements et de nécessiter la participation de nombreuses parties prenantes et d’acteurs de la société civile, ces wicked problems (Bradford, 2005) surviennent alors que s’opèrent d’importantes transformations dans les politiques et les pratiques de gestion des États centraux et subnationaux.
Les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Si certains auteurs font état d’une véritable ère de réforme post-NMP, une récente analyse documentaire démontre que le concept serait possiblement en voie d’être institutionnalisé. Toutefois, deux conceptions du post-NMP prévalent : celle de l’État pilote de la nouvelle gouvernance publique, et celle de l’« État fort » (Reiter et Klenk, 2019). De nombreuses transformations globales et sectorielles sont donc en cours.
Cependant, la manière dont ces nouvelles politiques et pratiques de gestion favorisent la création d’innovations qui contribuent à surmonter les différentes crises contemporaines de gestion publique reste à déterminer et soulève plusieurs questions. Les innovations sociales et environnementales à travers les territoires sont-elles une réaffirmation de l’État? Au contraire, ces innovations ne témoignent-elles pas d’un évitement de l’État central? Comment l’adoption de certaines approches d’intervention innovantes ou le déploiement des nouveaux outils de gestion et de prise de décision peuvent-ils contribuer à surmonter ces défis ou, au contraire, peuvent-ils constituer une menace à la sauvegarde de l’intérêt public?
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