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Sabrina Moisan : Université de Sherbrooke
Malgré des avancées dans la recherche historique spécialisée, les universités et les écoles secondaires continuent d’offrir des cours de synthèse d’histoire du Québec et du Canada largement construits autour des repères traditionnels de l’histoire politique. Ainsi, offrir un enseignement plus inclusif des expériences minoritaires et des luttes pour l’égalité est un défi auquel toutes les personnes enseignantes se trouvent confrontées. Ce problème sera approfondi dans cette communication, qui concerne plus spécifiquement la question de la place des expériences historiques des personnes noires dans les représentations du passé « national ».
Quels sont les moments clés de cette histoire ? Quels mots servent à la nommer ? Qui sont ses acteurs et actrices ? Comment justifie-t-on l’inclusion ou l’exclusion des expériences historiques des personnes noire dans le récit du Québec et du Canada ? Cette présentation apportera des éléments de réponse à cette série de questions en explorant les résultats d’une enquête menée auprès de 46 personnes enseignant l’histoire au secondaire et à l’université (CRSH 2017-2022). Ce faisant, c’est le portrait de la mémoire de la présence noire dans le passé du Québec et du Canada qui sera brossé. Ces résultats seront ensuite discutés à la lumière des enjeux de didactique qu’ils posent à l’enseignement de l’histoire et des enjeux de reconnaissance qu’ils révèlent.
Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.
En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.
Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.
Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.
Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.
Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.
Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.
Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.
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