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Chantal Sylvain : Université de Sherbrooke
Les interventions probantes pour soutenir le retour au travail (RaT) après un trouble mental courant (TMC) ne peuvent se limiter à cibler la santé des travailleurs, mais doivent viser aussi la coordination des services et l’adaptation de l’environnement. L’application de ces principes aux travailleurs avec un trouble de personnalité (TP) en plus d’un TMC reste inconnue. Pourtant, cette comorbidité est prévalente et associée à un risque accru d’absence du travail. Cette étude vise ainsi à adapter le programme « Retour thérapeutique au travail » (RTT) aux besoins des personnes avec un trouble de l’humeur et une comorbidité sur le plan de la personnalité (THCP). À cet effet, une recherche de développement d’objet a été réalisée en 4 étapes : analyse des besoins, conception, prototypage, mise au point. Les méthodes incluent : entrevues avec experts en TP (n=7), rencontres de travail avec équipe d’implantation, tableaux de bord monitorant la fidélité d’implantation (n=22). Ceci a permis l’élaboration et l’implantation d’un modèle logique du programme adapté. L’analyse préliminaire des tableaux de bord montre une fidélité d’implantation élevée. Le programme adapté se démarque par son explicitation du cadre thérapeutique à chaque phase. Le programme RTT adapté aux personnes avec un THCP représente une solution prometteuse pour mieux soutenir leur RaT. L’acceptabilité de l’intervention et son efficacité devront être étudiées avant d’en recommander l’implantation à large échelle.
L’incapacité au travail touche une portion importante de travailleurs canadiens, passant de 5,3 % à 6,0 % entre 2001 et 2020. Au Québec, le taux d’absence atteignait 7,1 % au terme de la même période. Cet absentéisme représente un fléau d’autant plus important qu’il s’ancre aujourd’hui dans un contexte de pénurie majeure de main-d’œuvre susceptible de l’alimenter. En effet, le manque de main-d’œuvre, surtout lorsqu’il se conjugue avec un taux d’absence élevé, peut générer une surcharge de travail pour les travailleuses et les travailleurs toujours en poste, qui elle-même pourra à son tour constituer une cause importante d’absentéisme. Il s’avère donc urgent de déceler rapidement de nouvelles pistes d’action afin d’éviter une dégradation rapide et exponentielle de la situation.
Hormis sa contribution directe à l’accroissement de l’absentéisme, la crise sanitaire des dernières années a été le moteur d’une transformation majeure de l’organisation du travail par, notamment, l’imposition du télétravail. Or, ces nouvelles modalités sont aujourd’hui considérées par plusieurs comme des mesures prometteuses de rétention et de maintien au travail, et ce, malgré les divers enjeux d’équité qu’elles peuvent poser pour l’entreporise. Parallèlement, des avancées récentes de la recherche dans le domaine de la réadaptation au travail suggèrent plusieurs nouveaux facteurs d’influence et pistes d’action susceptibles d’améliorer les interventions qui sont offertes aux travailleuses et travailleurs absents en raison d’une incapacité au travail. Afin de répondre aux importants enjeux que pose actuellement l’absentéisme, il importe donc de clarifier et d’expliciter l’influence que ces nouvelles modalités de travail et facteurs individuels (en servant d’appui à d’éventuelles interventions) pourront avoir sur le retour et le maintien au travail des personnes absentes.
Dans le cadre de ce colloque, nous tâcherons précisément de susciter un dialogue porteur d’engagements concrets pour la recherche et la pratique dans le domaine de la réadaptation au travail et de la gestion d’invalidité, de manière à trouver et favoriser les actions concertées requises pour relever ces nombreux défis.
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